UN RAPPEL FERME CONCERNANT L’ACCOMPLISSEMENT DE LA PRIÈRE EN CONGRÉGATION

(Sermon du vendredi 5 juin 1942)

Je continue de recevoir des plaintes selon lesquelles certains sont négligents à l’égard de la Salat et ne prient même pas du tout. Face à cette faiblesse, je m’adresse aux membres de Khuddamul Ahmadiyya et d’Ansarullah de Qadian : que chacun d’entre vous surveille son voisin en matière de Salat, comme la police surveille les criminels. Tant que chacun d’entre nous ne se concentrera pas, jour et nuit, à s’assurer que tout individu de notre Communauté – qu’il soit jeune ou âgé, adulte ou enfant – accomplit la prière avec assiduité et ne manque pas une seule Salat, nous ne pourrons jamais établir une spiritualité collective ni obtenir les bénédictions d’Allah le Tout-Puissant.

Par exemple, j’ai expliqué à plusieurs reprises que pendant les heures de prière, les boutiques ne doivent pas rester ouvertes. Comment est-il possible que l’on puisse prétendre observer la prière en congrégation alors que sa boutique reste ouverte ? C’est pourquoi je conseille aux membres d’Ansarullah et de Khuddamul Ahmadiyya de surveiller les commerçants durant les heures de prière. Ils doivent noter toute boutique restée ouverte et m’en informer le jour même. Si quelqu’un garde sa boutique ouverte à l’heure de la prière, cela ne peut signifier qu’une chose : il n’a aucun respect pour la Salat dans son cœur.

Pendant les heures de prière, celui qui se dit Ahmadi doit fermer sa boutique et se rendre à la mosquée pour prier en congrégation. S’il existe un danger que des opposants endommagent la boutique pendant ce temps, alors il faut mettre en place un roulement pour assurer une garde. Mais il n’est pas permis aux commerçants de rester à leur boutique et de ne pas se rendre à la mosquée. Monter la garde est un devoir national ; et lorsqu’un homme s’en acquitte, il est considéré comme remplissant son obligation, non comme quelqu’un qui délaisse la prière. En dehors de cela, si une personne ne va pas à la mosquée, elle sera considérée comme quelqu’un qui abandonne la prière.

Aujourd’hui, je donne à Ansarullah et à Khuddamul Ahmadiyya la responsabilité de veiller à ce qu’aucune boutique ne reste ouverte à Qadian durant les heures de prière. Dorénavant, je considérerai ceux qui n’accomplissent pas la prière en congrégation comme des criminels religieux, et je considérerai Ansarullah et Khuddamul Ahmadiyya comme criminels nationaux s’ils ne remplissent pas leur devoir de surveillance. Nous ne pouvons pas assumer la responsabilité de ceux qui ne prient pas. Le seul remède pour une telle personne est de proclamer son excommunication de la Jama’at. Toutefois, ceux qui détiennent une responsabilité seront eux aussi considérés comme fautifs s’ils n’incitent pas les autres à accomplir la prière en congrégation. Ils ne peuvent pas se contenter de dire : « Nous avons averti, maintenant s’ils ne prient pas, que pouvons-nous faire ? ». Dieu leur a donné un pouvoir et des moyens ; s’ils les utilisent, ils peuvent faire en sorte que les autres les écoutent. Il n’y a donc aucune raison pour que les gens ne leur obéissent pas. Ils peuvent les contraindre à venir prier en congrégation, et si malgré cela ils échouent, au minimum ils peuvent recommander leur excommunication et m’informer de leur état spirituel. Quoi qu’il en soit, il doit exister un moyen par lequel nous puissions identifier ceux qui, en apparence, sont avec nous, mais en réalité ne le sont pas. Il ne peut être permis à de telles personnes de s’accrocher à nous sans chercher à se réformer. Le résultat en sera qu’ils influenceront les autres de manière négative, et eux aussi deviendront négligents dans l’accomplissement de la Salat.

À partir d’aujourd’hui, je superviserai moi-même cette tâche confiée à Ansarullah et à Khuddamul Ahmadiyya. J’en appelle également aux autres chapitres en dehors de Qadian : ils doivent, eux aussi, faire en sorte que leurs enfants, leurs jeunes, leurs femmes et leurs hommes deviennent réguliers dans l’accomplissement des prières en congrégation. Et s’ils n’y parviennent pas, alors ils ne peuvent espérer réussir auprès d’Allah le Tout-Puissant, peu importe combien d’aumônes ils versent ou combien de résolutions ils adoptent.

(Sermon du vendredi 5 juin 1942)