Le Prophète Abraham (as) formula une supplication en faveur de sa descendance, qui est mentionnée dans le Saint Coran :
رَبَّنَا وَابْعَثْ فِيهِمْ رَسُولًا مِّنْهُمْ يَتْلُوا عَلَيْهِمْ آيَاتِكَ وَيُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ وَيُزَكِّيهِمْ
« Ô notre Seigneur, suscite parmi eux un Messager pris parmi eux, qui leur récite Tes signes, leur enseigne le Livre et la sagesse, et les purifie. »
(Saint Coran, Sourate Al-Baqarah, 2:130)
Dans cette prière, le Prophète Abraham (as) demande à Allah de susciter un Prophète parmi ses descendants, dont la mission serait de :
Outre cette prière spécifique, le Prophète Abraham (as) formula également une prière générale concernant sa descendance. Lorsque Dieu l’Exalté accepta son obéissance à Ses commandements et lui annonça :
إِنِّي جَاعِلُكَ لِلنَّاسِ إِمَامًا
« Je vais faire de toi un guide pour les hommes. »
(Saint Coran, Sourate Al-Baqarah, 2:125)
Le Prophète Abraham (as) demanda alors :
وَمِن ذُرِّيَّتِي
« Et parmi ma descendance ? »
Comme pour dire : Seigneur, le monde aura toujours besoin de guides spirituels. Nommes-en aussi parmi mes descendants. Il reconnaissait ainsi qu’un Prophète ne peut guider éternellement le monde. Il existe un besoin constant de l’envoi d’Imams par Dieu pour perpétuer la guidance.
D’une part, le Prophète Abraham (as) reconnaît cette nécessité et prie pour que des Imams émergent continuellement de sa descendance. D’autre part, lorsqu’il prie pour les habitants de La Mecque, il demande :
رَبَّنَا وَابْعَثْ فِيهِمْ رَسُولًا مِّنْهُمْ
« Ô notre Seigneur, envoie parmi eux un Prophète pris parmi eux. »
La question se pose alors : pourquoi ne demande-t-il qu’un seul Prophète pour La Mecque, alors qu’il admet lui-même qu’un seul Prophète ne suffit pas ? Le monde a toujours besoin de guides spirituels. C’est pourquoi il a prié pour que des Imams soient nommés parmi ses descendants afin de préserver et nourrir la graine de la guidance qu’il avait plantée.
Il disait en substance : Oui, je suis un Imam, mais si le monde s’égare après moi, quel fruit mon Imamat produira-t-il ?
Le Prophète Jésus (as) était un Imam issu de la descendance du Prophète Abraham (as). Il est mentionné à son sujet dans le Saint Coran qu’au Jour du Jugement, Allah lui demandera s’il était celui qui avait enseigné à son peuple l’idolâtrie qu’ils ont pratiquée, et s’il leur avait ordonné de l’adorer, lui et sa mère. Jésus (as) répondra :
كُنتُ عَلَيْهِمْ شَهِيدًا مَّا دُمْتُ فِيهِمْ ۖ فَلَمَّا تَوَفَّيْتَنِي كُنتَ أَنتَ الرَّقِيبَ عَلَيْهِمْ
« Tant que je suis resté parmi eux, j’ai été témoin de leurs actions ; mais lorsque Tu m’as rappelé, c’est Toi qui fus leur Gardien. »
(Saint Coran, Sourate Al-Ma’idah, 5:118)
Cela signifie que tant qu’il était parmi son peuple, il veillait sur eux. Mais une fois qu’il fut rappelé à Dieu, il n’avait plus aucun contrôle sur eux ni sur leurs actes. Jésus (as) reconnaît ainsi que l’influence d’un prophète est limitée dans le temps. Après sa disparition, si une nation s’égare, c’est alors à Dieu de susciter un autre moyen de guidance.
Cette réalité confirme également la prière du Prophète Abraham (as) :
وَمِن ذُرِّيَّتِي
« Et parmi ma descendance. »
Par cette prière, Abraham (as) demandait qu’il y ait parmi ses descendants des guides spirituels, car sans cela, la guidance divine dans le monde ne pourrait être maintenue.
Ainsi, tout comme Jésus (as) reconnaissait que la guidance prophétique a ses limites temporelles, le Prophète Abraham (as) priait pour que la chaîne de la guidance se poursuive à travers des Imams suscités parmi sa progéniture.
Le discours du Prophète Jésus (as) et la prière du Prophète Abraham (as) démontrent tous deux l’importance d’une succession continue d’Imams afin de préserver la véritable guidance dans le monde, comme cela est mentionné dans le Saint Coran.
Si l’avènement constant d’Imams est essentiel pour maintenir la guidance divine, comment comprendre alors la prière spécifique du Prophète Abraham (as) :
رَبَّنَا وَابْعَثْ فِيهِمْ رَسُولًا مِّنْهُمْ
« Ô notre Seigneur, suscite parmi eux un Messager pris parmi eux. »
(Saint Coran, Sourate Al-Baqarah, 2:130)
Pourquoi le Prophète Abraham (as) a-t-il demandé l’envoi d’un seul Prophète alors qu’il savait pertinemment qu’un seul guide ne pourrait suffire à maintenir la guidance dans le monde ? Logiquement, il aurait pu formuler sa prière ainsi :
« Ô mon Seigneur, envoie-leur des prophètes qui réciteront Tes signes, leur enseigneront Ton Livre et Ta sagesse, et les purifieront par leur force spirituelle. »
Pourtant, sa prière précise :
رَسُولًا مِّنْهُمْ (un Prophète parmi eux) et non pas plusieurs prophètes.
Cela peut sembler paradoxal, surtout quand on sait qu’Abraham (as) avait bien conscience, comme il l’exprime dans une autre prière, que sa propre mission ne suffirait pas à assurer la guidance de l’humanité. Il implora aussi Allah :
وَمِن ذُرِّيَّتِي
« Et parmi ma descendance. »
(Saint Coran, Sourate Al-Baqarah, 2:125)
Cela montre qu’Abraham (as) envisageait le futur et la nécessité d’une continuité spirituelle. Il ne pouvait donc pas ignorer que l’envoi d’un seul prophète ne garantirait pas la guidance éternelle de l’humanité.
La réponse à cette question se trouve dans le Saint Coran, plus précisément dans la Sourate Al-Jumu’ah :
يُسَبِّحُ لِلَّهِ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَمَا فِي الْأَرْضِ الْمَلِكِ الْقُدُّوسِ الْعَزِيزِ الْحَكِيمِ
هُوَ الَّذِي بَعَثَ فِي الْأُمِّيِّينَ رَسُولًا مِّنْهُمْ يَتْلُو عَلَيْهِمْ آيَاتِهِ وَيُزَكِّيهِمْ وَيُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ وَإِن كَانُوا مِن قَبْلُ لَفِي ضَلَالٍ مُّبِينٍ
« Tout ce qui est dans les cieux et sur la terre glorifie Allah, le Souverain, le Pur, le Tout-Puissant, le Sage. C’est Lui qui a suscité parmi les illettrés un Messager des leurs qui leur récite Ses signes, les purifie, et leur enseigne le Livre et la sagesse, bien qu’ils aient été auparavant dans un égarement manifeste. »
(Saint Coran, Sourate Al-Jumu’ah, 62:2)
Ce sont précisément les paroles qu’utilisa le Prophète Abraham (as) lorsqu’il formula sa prière. Il est dit : « Gloire à Celui qui, ayant entendu la prière d’Abraham (as), suscita un Prophète parmi les peuples illettrés, qui leur récite les signes d’Allah, les purifie et leur enseigne le Livre céleste ainsi que la sagesse qu’il contient. »
Après nous avoir informés que la prière d’Abraham (as) fut exaucée, Allah le Tout-Puissant répond ensuite à une objection selon laquelle la prière d’Abraham (as) serait incomplète. En effet, alors qu’il avait formulé une prière générale pour que sa descendance bénéficie d’une succession de prophètes, il n’avait prié, concernant la Mecque, que pour l’envoi d’un seul prophète. Allah le Tout-Puissant déclare :
« Et (Il l’a suscité) parmi d’autres qui ne les ont pas encore rejoints. »
(Saint Coran, Sourate Al-Jumu‘ah, 62:4)
Il ne fait aucun doute qu’il existe une différence entre ces prières. La raison en est que certains prophètes issus de la descendance d’Abraham (as) devaient être autonomes dans leur mission. Cependant, la prière qu’Abraham (as) fit concernant le peuple de La Mecque ne concernait qu’un seul prophète, qui devait rester unique. Il avait été décrété que ses reflets spirituels et ses subordonnés continueraient à apparaître éternellement après lui.
Puisque la Volonté divine avait ordonné qu’un tel prophète se perpétue dans le monde à travers ses reflets et ses disciples, la venue d’Imams devait se poursuivre indéfiniment. Pourtant, ce Prophète resterait unique, car ses successeurs ne seraient pas autonomes, mais feraient partie intégrante de la prophétie de Muhammad (saw). Pour cette raison, il n’était pas nécessaire de demander l’envoi de messagers (rusul), car il avait déjà été décrété qu’en réponse à cette prière, un prophète apparaîtrait et continuerait à se manifester dans le monde à travers ses reflets. Il n’était donc pas pertinent d’employer le terme rusul (messagers), mais plutôt rasul (prophète), qui convenait mieux.
Ainsi, Allah répondit à l’objection selon laquelle, lorsqu’Abraham (as) fit une prière générale pour sa descendance, il demanda à Allah le Tout-Puissant d’envoyer continuellement des prophètes et des imams. Mais lorsqu’il pria spécifiquement pour les habitants de La Mecque, il ne demanda l’envoi que d’un seul prophète.
Allah le Tout-Puissant a répondu à cette objection selon laquelle, bien que le Prophète Abraham (as) n’ait prié que pour l’envoi d’un seul prophète destiné au peuple de La Mecque, la raison en est que ce prophète serait si parfait et complet qu’il ne pourrait jamais connaître une fin où son enseignement cesserait d’avoir un impact sur les cœurs des hommes. Il a plutôt été décrété que lorsque cet impact commencerait à s’estomper, Dieu enverrait ce même prophète de nouveau. Et parce que ce prophète devait continuer à se manifester dans le monde à travers ses disciples, le Prophète Abraham (as) n’avait donc pas besoin de demander l’envoi de plusieurs prophètes.
En résumé, Allah le Tout-Puissant nous a enseigné que lorsque le Prophète Abraham (as) pria :
رَبَّنَا وَابْعَثْ فِيهِمْ رَسُولًا مِّنْهُمْ
(« Ô notre Seigneur ! Envoie parmi eux un Messager pris parmi eux. »)
il priait pour celui qui serait le Sceau des Prophètes (saw). Et puisque la prophétie de tous les prophètes subordonnés était incluse dans la prophétie du Sceau des Prophètes (saw), il n’était donc pas nécessaire de dire رُسُلًا (des messagers) au lieu de رَسُولًا (un messager).
Nous apprenons de ce verset du Saint Coran que la venue du Saint Prophète Muhammad (saw) portait en elle-même le témoignage de l’apparition de prophètes et d’imams qui lui succéderaient. Aucun autre prophète avant lui n’avait annoncé la venue de futurs prophètes à travers sa propre apparition. Le statut du Prophète Moïse (as) était distinct. Il en était de même pour le Prophète David (as), tout comme pour tous les autres prophètes.
Il ne fait aucun doute qu’après le Prophète Moïse (as), de nombreux prophètes sont apparus, mais aucun d’eux n’était son reflet ; ils étaient plutôt ses subordonnés. Jésus (as) n’était pas le reflet de Moïse (as) de la même manière que le Messie Promis (as) est le reflet du Saint Prophète Muhammad (saw).
Dans ce contexte, il y a eu des reflets de plusieurs prophètes dans le passé, mais ces reflets n’étaient que des ressemblances, similaires à la manière dont Jésus (as) était le reflet d’Élie (as). Cependant, dans ces cas-là, être un reflet ne signifiait pas être soumis à la loi d’Élie (as). Il pouvait y avoir un prophète subordonné qui n’était pas un reflet, tout comme il pouvait y avoir un reflet qui n’était pas un subordonné. Jésus (as) était le reflet d’Élie (as), mais il n’était pas son subordonné ; il était plutôt subordonné à Moïse (as).
Ainsi, le concept de reflet et celui de subordination sont deux notions distinctes. Autrefois, le terme reflet désignait simplement une ressemblance, comme lorsque Moïse (as) prophétisa qu’après lui viendrait un prophète « semblable à lui ». Cette prophétie faisait référence au Saint Prophète Muhammad (saw), mais le Saint Prophète (saw) n’était pas un disciple de Moïse (as).
Le Saint Prophète (saw) n’était pas un disciple du Prophète Moïse (as). Ainsi, dans les précédentes prophéties, il pouvait arriver qu’un prophète soit le reflet d’un autre prophète sans pour autant être son subordonné. De même, un prophète pouvait être subordonné à un autre sans en être le reflet. Par exemple, Jésus (as) était subordonné à Moïse (as) mais n’était pas son reflet. Il était, en revanche, le reflet d’Élie (as) sans en être le subordonné, étant subordonné à Moïse (as).
Le verset وَآخَرِينَ مِنْهُمْ لَمَّا يَلْحَقُوا بِهِمْ signifiait que la mission [des futurs prophètes] serait la même que celle du Saint Prophète (saw), et le terme employé le suggère également. Allah le Tout-Puissant déclare وَآخَرِينَ مِنْهُمْ, indiquant que le même prophète serait envoyé à un autre groupe de personnes. Par « même prophète », on entend que ses caractéristiques, sa mission et même son nom seraient les mêmes. Selon ses attributs, il serait le reflet du Saint Prophète (saw), et selon sa mission, il serait son subordonné.
Il prierait comme le Saint Prophète (saw) priait. Il jeûnerait comme le Saint Prophète (saw) jeûnait. Il donnerait la Zakat comme le Saint Prophète (saw) le faisait. Il suivrait les commandements d’Allah de la même manière que le Saint Prophète (saw) les suivait. C’est cette obéissance au Saint Prophète (saw) qui caractériserait cet individu, tout en possédant également les qualités et les vertus morales du Saint Prophète (saw). Ceci constitue une preuve que le Messie Promis (as) est le reflet du Saint Prophète Muhammad (saw).
En revanche, Jésus (as) n’a pas accompli le même travail qu’Élie (as). Les enseignements d’Élie (as) répondaient aux besoins de son époque, tandis que les enseignements de Jésus (as) répondaient aux besoins de son propre temps. Bien que Jésus (as) fût le reflet d’Élie (as), il n’était pas son disciple, mais plutôt le disciple de Moïse (as). Cependant, en ce qui concerne le Saint Prophète (saw), Allah le Tout-Puissant a déclaré que quiconque viendrait après lui serait non seulement son reflet, mais aussi son disciple. Ces deux qualités seraient réunies dans une telle personne.
C’est pour cette raison que le Messie Promis (as) a constamment affirmé dans ses écrits qu’il est un prophète Ummati (disciple), c’est-à-dire un disciple du Saint Prophète (saw). Mais du point de vue des gens, il est également un prophète. [Le Messie Promis (as) déclare :] « Concernant le type de relation qui existe entre moi et vous, vous devrez me considérer comme un prophète. De la même manière qu’il est impératif d’accepter un prophète, il est impératif de m’accepter. De la même manière qu’il est obligatoire de suivre les commandements d’un prophète, il vous est obligatoire de suivre mes commandements. Mais lorsque je me tiens face au Saint Prophète (saw), mon statut est celui d’un disciple, et chaque commandement du Saint Prophète (saw) m’est obligatoire, tout comme l’est la quête de son plaisir et de sa satisfaction. »
Lorsqu’un grand-père, un père et un petit-fils se retrouvent ensemble, leur relation illustre parfaitement celle qui existe entre le Saint Prophète Muhammad (saw) et le Messie Promis (as). En effet, lorsqu’un père se tient face à son propre père, il n’endosse pas le rôle de père, mais celui de fils. Cependant, lorsqu’il est face à son fils, il reprend pleinement son statut de père, et il devient alors indispensable pour son fils d’obéir à tous ses ordres. Le fils ne peut pas lui dire : « Lorsque tu étais face à ton père, tu n’étais qu’un fils, alors comment peux-tu être père maintenant ? » Cette objection n’a pas lieu d’être, car il ne fait plus face à son père, mais à son propre fils.
C’est précisément ce statut unique qu’Allah le Tout-Puissant a accordé au Messie Promis (as). Il est à la fois Ummati (disciple) et prophète. Pour nous, il est un prophète, mais vis-à-vis du Saint Prophète Muhammad (saw), il est son fidèle disciple. De la même manière, Jésus (as) était toujours prophète face à Moïse (as), et pas uniquement lorsqu’il s’adressait à son propre peuple. Il en allait de même pour David (as), qui restait prophète devant Moïse (as), tout comme Salomon (as), Zacharie (as) et Jean (as). Aucun d’eux n’était uniquement prophète pour leur communauté et simple disciple devant Moïse (as).
Cependant, avec le Saint Prophète Muhammad (saw), Allah a instauré une prophétie d’un autre ordre : un prophète qui, lorsqu’il s’adresse à nous, est prophète, mais qui, face au Saint Prophète Muhammad (saw), devient son disciple. Ce prophète ne peut prétendre accomplir quelque chose que le Saint Prophète (saw) n’a pas accompli. Il lui est imposé de poursuivre la mission du Saint Prophète (saw) sans y déroger.
Allah le Tout-Puissant déclare dans le Saint Coran :
وَآخَرِينَ مِنْهُمْ لَمَّا يَلْحَقُوا بِهِمْ
(« Et [Il l’a suscité] parmi d’autres qui ne les ont pas encore rejoints. ») (Sourate Al-Jumu‘ah, 62:4)
Cela signifie qu’Allah enverra le Saint Prophète Muhammad (saw) à d’autres peuples qui ne sont pas encore venus au monde, annonçant ainsi une seconde manifestation spirituelle du Saint Prophète (saw). Il est évident que le Saint Prophète (saw) ne saurait avoir deux missions distinctes. La mission qu’il a accomplie lors de sa première venue est celle qu’il continuera dans les derniers temps.
Il est essentiel de comprendre que le Messie Promis (as) était aussi le reflet de Jésus de Nazareth (as), mais il n’était que son reflet et non son disciple. Bien qu’il ait été désigné comme le Messie, il n’a pas reçu la même mission que Jésus (as). Sa mission était directement liée à celle du Saint Prophète Muhammad (saw), comme cela est confirmé dans la Sourate Al-Jumu‘ah. La ressemblance spirituelle du Messie Promis (as) avec le Saint Prophète Muhammad (saw) est bien plus profonde que celle qu’il partageait avec Jésus (as).
C’est pourquoi le Messie Promis (as) a déclaré avec force :
پر مسیحا بن کے میں بھی دیکھتا روئے صلیب
گرنہ ہوتا نام احمد جس پہ میرا سب مدار
« Moi aussi, j’aurais été suspendu à la croix comme le Messie,
Si ce n’était pour le nom d’Ahmad, en qui je place toute ma confiance. »
Notre communauté, qui a une foi ferme en le Messie Promis (as), doit toujours se rappeler que soit elle affirme croire que le Messie Promis (as) est un prophète qui a atteint le statut de prophétie indépendamment de la soumission au Saint Prophète (saw), auquel cas elle pourrait dire que, puisque notre prophète est autonome, nous établirons de nouvelles lois et ferons ce que nous voudrons, sans rien faire d’autre. Si nous entretenons une telle croyance, selon laquelle notre prophète est un prophète indépendant et affranchi de l’obéissance au Saint Prophète (saw), alors nous pourrions prétendre qu’il n’est pas nécessaire de suivre les traces du Saint Prophète (saw) et de ses compagnons (ra). Nous ne participerons qu’aux choses qui nous plaisent. Nous ne ferons rien d’autre.
Cependant, si nous affirmons que le Messie Promis (as), selon la Sourate Al Jumu’ah, est un Prophète Ummati ; et si nous croyons que la prophétie du Messie Promis (as) fait partie intégrante de la prophétie du Saint Prophète (saw), alors nous devons également accepter que la mission du Saint Prophète (saw) est la même que celle confiée au Messie Promis (as). De plus, la tâche entreprise par les Compagnons (ra) est celle qui incombe à notre communauté.
Cependant, je suis étonné que, d’un côté, certains membres de notre communauté affirment que le Messie Promis (as) est le reflet parfait du Saint Prophète (saw) et qu’il est un Prophète Ummati, et que c’est la responsabilité de notre communauté d’établir la même loi que celle instaurée par le Saint Prophète (saw), mais que, d’un autre côté, une partie de la communauté souhaite emprunter un chemin différent de celui des Compagnons (ra). Ils n’ont aucun désir d’adopter la voie des Compagnons (ra). Leur comportement ressemble exactement à celui d’une autruche.
Lorsque la question du rang et de la récompense se pose, ils affirment que le Messie Promis (as) n’est pas une personne distincte du Saint Prophète (saw), mais que la venue du Messie Promis (as) constitue la seconde venue du Saint Prophète (saw). Pour cette raison, le statut des Compagnons (ra) est également notre statut. Ils avancent des arguments tirés du Coran, où Allah dit :
ثُلَّةٌ مِّنَ الْأَوَّلِينَ وَثُلَّةٌ مِّنَ الْآخِرِينَ
Ce qui signifie que tout comme une grande communauté de nos prédécesseurs a atteint la proximité de Dieu, de même, la communauté des derniers temps recevra également de nombreuses bénédictions de la part de Dieu.
[Ils disent] : « Notre communauté est semblable à celle des Compagnons du Saint Prophète (saw). De la même manière qu’ils ont bénéficié des bénédictions de la première venue du Saint Prophète (saw), nous bénéficierons des bénédictions de la seconde venue du Saint Prophète (saw). Il n’y a aucune différence entre les Compagnons du Saint Prophète (saw) et nous. »
Cependant, lorsque la question du sacrifice se pose, ils disent que l’époque ancienne était différente de la nôtre. Ainsi, ils sont exactement comme une autruche qui profite de ses deux états mais n’est pas prête lorsque vient le moment de travailler.
On raconte qu’un jour, quelqu’un dit à une Shuttarmurgh (autruche) : « Viens ! Laissons-nous te charger de bagages puisque tu es un chameau. » (Le mot Shuttar signifie chameau et murgh signifie oiseau). L’autruche répondit : « A-t-on déjà vu charger des bagages sur un oiseau ? » L’homme répliqua : « Très bien, alors montre-nous que tu peux voler. » L’autruche répondit : « Est-ce que les chameaux volent ? »
Le comportement des faibles au sein de notre communauté ressemble à celui de cette autruche qui prétend être un chameau lorsqu’on lui demande de voler, et un oiseau lorsqu’on lui demande de porter une charge. Autrement dit, lorsque vient le moment de faire des sacrifices, ils disent que leur situation est différente de celle des Compagnons (ra) du Saint Prophète (saw). Mais quand il s’agit de parler de bénédictions, de statut et du paradis, ils disent : « Gloire à Allah, le Messie Promis (as) était le reflet du Saint Prophète (saw). L’état des Compagnons (ra) du Saint Prophète (saw) est identique au nôtre. »
J’ai déjà raconté qu’une fois, un habitant de l’Inde orientale est décédé. Les gens de cette région sont généralement des blanchisseurs. Sa femme informa tous les commerçants du secteur, qui se rassemblèrent alors. Selon la tradition, la femme commença à pleurer et à se lamenter devant eux. Leur coutume veut que, lorsqu’un des leurs décède, les femmes et les filles se réunissent pour pleurer et se lamenter tandis que les hommes les consolent.
La veuve de l’homme décédé éclata en sanglots et commença à crier : « Mon mari devait récupérer une certaine somme d’argent d’un certain endroit, qui ira la récupérer maintenant ? » Un homme s’avança et dit : « Moi, moi ! » Ensuite, elle dit : « Il avait emprunté une vache, qui ira la récupérer ? » Le même homme répondit : « Moi ! » Puis elle cria : « Mon Dieu ! Son patron lui devait trois mois de salaire, qui ira les réclamer maintenant ? » Le même homme s’avança et dit : « Moi ! »
Ensuite, la femme déclara : « Il devait deux cents roupies à telle personne, qui règlera maintenant cette dette ? » En entendant cela, l’homme se tourna vers les autres et dit : « Suis-je le seul à parler ou quelqu’un d’autre de notre communauté va-t-il aussi se manifester ? »
Tel est l’état des Ahmadis faibles. Lorsque la question des bénédictions et des rangs au paradis se pose, ils disent : « Nous, nous ! » Mais lorsqu’on leur dit que les Compagnons (ra) ont consenti à des sacrifices et que vous devez en faire autant, ils commencent à dire : « Sommes-nous les seuls à devoir continuer à parler ou quelqu’un d’autre va-t-il s’exprimer dans la communauté ? »
Ce comportement est totalement inacceptable et ne peut être toléré sous aucun prétexte. Si le Messie Promis (as) était un prophète indépendant, alors une nouvelle Shariah, une nouvelle organisation et une nouvelle loi pourraient être nécessaires. Cependant, s’il est un suiveur et un Prophète Ummati du Saint Prophète (saw), alors l’état du Messie Promis (as) sera identique à celui du Saint Prophète (saw), et la condition des Compagnons (ra) du Saint Prophète (saw) sera la même que la nôtre.
Cependant, lorsque ces personnes faibles se retrouvent dans leurs assemblées, elles acquiescent aux versets du Coran et aux révélations du Messie Promis (as) en disant : « Cette récompense et cette bénédiction nous sont destinées. » Mais dès qu’il s’agit de passer à l’action, certains commencent à dire que s’ils s’engagent, leurs affaires seront ruinées, et d’autres prétextent qu’ils ne peuvent pas laisser leurs épouses et leurs enfants seuls. Pourtant, les Compagnons (ra) possédaient également des commerces, et eux aussi avaient des femmes et des enfants. Toutefois, ces préoccupations ne les arrêtaient pas.
Si nous suivons les traces des Compagnons (ra) et que le Messie Promis (as) a suivi les traces du Saint Prophète (saw), alors pourquoi devrions-nous craindre de telles choses ?
Notre croyance religieuse est que le Messie Promis (as) était le reflet et le subordonné du Saint Prophète (saw). Tout son honneur et son statut résident dans le fait que Dieu a fait de lui l’ombre du Saint Prophète (saw), et sa venue avait pour but d’accomplir la même mission qui avait nécessité l’avènement du Saint Prophète (saw) il y a 1350 ans. On peut même dire, selon la terminologie coranique, que le Saint Prophète (saw) est revenu à la vie et nous a honorés de sa présence une fois de plus.
C’est là un immense honneur, mais cela implique également une immense responsabilité. Car si le Saint Prophète (saw) est revenu à la vie et nous a bénis de sa présence, alors ses Compagnons (ra) doivent eux aussi renaître dans ce monde.
Si le Messie Promis (as) a accompli les tâches entreprises par le Saint Prophète (saw), alors nos devoirs sont ceux des Compagnons (ra). Les Compagnons (ra) devaient participer à quatre ou cinq batailles par an, et lors de certaines campagnes, plusieurs mois s’écoulaient. Parfois même, ils restaient éloignés de leurs foyers pendant huit à neuf mois. De plus, ils ne recevaient aucun revenu. Ils ne percevaient même pas d’argent pour acheter de la soupe, du pain ou du sel. C’était à leurs épouses de subvenir à leurs besoins après leur départ, et il incombait aux combattants de financer eux-mêmes leur participation. À tel point que ceux qui partaient au combat ne recevaient même pas de ration. Chaque homme devait organiser sa propre nourriture.
En revanche, je constate que les membres de notre communauté ne se préoccupent pas de ces responsabilités. Je ne dis pas que personne ne s’en soucie, mais aux côtés de ceux qui s’en préoccupent, il y a des personnes qui ne s’en soucient absolument pas. C’est pourquoi je ne peux pas être rassuré en sachant qu’une partie de la communauté s’en soucie. Tant qu’il existera un groupe, aussi petit soit-il, qui persiste dans ce comportement inacceptable tout en prétendant être semblable aux Compagnons (ra), nous ne pourrons pas être satisfaits tant que leur comportement ne sera pas corrigé.
J’ai fondé la Majlis Khuddamul Ahmadiyya pour la réforme de la jeunesse et pour inciter les autres à s’engager dans des services religieux bénéfiques. Cependant, on me rapporte que certains Khuddam sont tels que lorsqu’on leur confie une responsabilité, leur première réaction est de refuser en disant qu’ils ne peuvent pas accomplir cette tâche. Mais si on insiste, ils finissent par accepter en disant : « Très bien, nous le ferons. » Pourtant, leur deuxième réaction est de ne rien faire du tout, se contentant de répéter qu’ils vont le faire. En réalité, il n’y a aucune action concrète, et ils n’accomplissent pas la tâche confiée.
Ensuite, lorsqu’une sanction est décidée à leur encontre, ils refusent également de l’accepter en déclarant qu’ils préfèrent démissionner. Ces personnes doivent se rappeler qu’à travers leurs actions, elles démontrent qu’elles ne sont pas de véritables Ahmadis. En dehors des hypocrites, pouvez-vous citer un exemple parmi les sincères Compagnons (ra) qui ont refusé de travailler de cette manière ? Le Saint Prophète (saw) a-t-il déjà toléré cela ?
Alors comment pouvons-nous qualifier de Compagnons ceux qui manifestent un tel comportement au sein de notre communauté ? Nous devons compter ces personnes parmi celles qui, à l’époque des Compagnons (ra), agissaient de la même manière, c’est-à-dire les hypocrites.
Il ne fait aucun doute qu’à cette époque, c’était l’ère du Jihad par l’épée, tandis qu’à notre époque, le Jihad par l’épée n’existe plus. Cependant, le Jihad diffère selon les époques. Du temps du Saint Prophète (saw), il y avait un besoin pour le Jihad armé, et peut-être que certains pensent que si, un jour, le besoin d’un Jihad par l’épée se présentait, ils seraient en première ligne. Pourtant, je crois que si une telle situation devait se produire, ces personnes seraient les premières à fuir.
Lorsqu’ils disent : « Ce n’est pas comme si un Jihad armé était en cours. S’il y en avait un, nous y participerions », ils se trompent eux-mêmes ou mentent délibérément. Je pense qu’ils mentent le plus souvent. Comment quelqu’un qui n’est même pas prêt à fermer sa boutique un ou deux jours par mois pourrait-il rester loin de son foyer pendant huit mois pour le Jihad ?
C’est un décret divin qui détermine le type de Jihad nécessaire à chaque époque. Allah l’Exalté a le pouvoir, s’Il le souhaite, de placer des épées entre nos mains, ou s’Il le veut, d’y mettre des plumes. S’Il le veut, Il peut établir le Jihad du Tabligh (prédication), du Taleem (éducation) et de la Tarbiyyat (formation spirituelle et morale).
Allah le Tout-Puissant n’a pas ordonné le Jihad armé en cette époque, mais a prescrit le Jihad du Tabligh, du Taleem et de la Tarbiyyat. C’est précisément ce Jihad qui est mentionné dans les versets de la Sourate Al-Jumu’ah, où la bonne nouvelle de la seconde venue du Saint Prophète (saw) est annoncée.
Ainsi, dans وَیُعَلِّمُہُمُ الْکِتٰبَ وَالْحِکْمَۃَ, il est rendu obligatoire pour chaque croyant de réciter les signes d’Allah devant les gens, c’est-à-dire de leur prêcher la parole divine.
Dans وَیُزَکِّیْہِمْ [Il les purifiera], il est dit que chaque croyant doit purifier les autres, c’est-à-dire les purifier par ses prières. وَیُزَکِّیْہِمْ peut aussi signifier qu’il doit les faire progresser. Si les gens sont en retard dans les connaissances mondaines, alors un croyant doit les aider à progresser dans ce domaine. S’ils sont peu nombreux, il doit augmenter leur nombre. Si leur situation financière est faible, il doit l’améliorer pour eux.
En résumé, là où il y a une faiblesse, il doit s’efforcer de la corriger, comme s’il participait activement à la réussite financière et économique des autres.
Dans يُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ (Il leur enseignera le Livre), il est dit qu’un croyant doit enseigner le Coran aux gens.
Dans وَالْحِكْمَةَ (et la sagesse), il est précisé qu’il doit éclairer les gens sur la sagesse qui se cache derrière les lois de la Shariah.
Il existe également d’autres significations de ce verset que j’ai expliquées en détail dans le discours que j’ai prononcé au début de mon Khilafat, publié sous le titre Mansab-e-Khilafat.
Cependant, voici les cinq points essentiels :
Ces cinq responsabilités étaient celles des Compagnons (ra), et ces mêmes cinq responsabilités nous incombent également. La prédication est notre devoir, l’éducation est notre devoir, enseigner les sagesses de la Shariah est notre devoir, la réforme de l’état financier et économique de la Communauté est notre devoir, et éliminer toute forme d’humiliation ou de faiblesse est notre devoir.
Si nous n’accomplissons pas ces cinq tâches, mais que nous continuons à nous appeler musulmans, alors nous ne sommes que des menteurs.
J’ai attiré l’attention de la communauté de Qadian sur l’une de ces responsabilités il y a quelque temps, et je leur ai dit qu’il ne devait plus y avoir, du moins à Qadian, une seule personne non éduquée. Cependant, j’ai reçu un rapport de la Khuddamul Ahmadiyya indiquant que, alors que toutes les autres régions avaient accompli leur mission, ceux liés à Baitul-Fazl ne coopéraient pas (il ne s’agit pas des résidents de Baitul-Fazl, mais de la zone également appelée Mohalla Arayan).
Les habitants de cette zone ne se rassemblent même pas régulièrement pour les prières, ils ne vont ni enseigner ni apprendre. Une liste de vingt personnes sélectionnées pour enseigner aux personnes non éduquées m’a été remise, mais ces personnes ont trouvé toutes sortes d’excuses, et même celles qui avaient accepté la tâche n’ont finalement pas assuré l’enseignement.
Lorsque certains ont été avertis qu’ils seraient sanctionnés pour ce comportement, deux d’entre eux ont déclaré vouloir démissionner de la Khuddamul Ahmadiyya. Cependant, ils doivent se rappeler qu’ils ne peuvent pas simplement démissionner de la Khuddamul Ahmadiyya, mais qu’ils devraient plutôt démissionner de la Communauté musulmane Ahmadiyya elle-même !
Ces cinq tâches sont celles qu’a accomplies le Saint Prophète (saw). Ces cinq tâches ont été accomplies par les Compagnons (ra), et ce sont ces mêmes cinq tâches que le Messie Promis (as) a réalisées.
Quiconque ne s’engage pas dans l’enseignement du Saint Coran, selon le verset يَتْلُوا عَلَيْهِمْ اٰيَاتِه۪ ou s’en détourne, ne se détourne pas seulement de cette mission, mais il se détourne de l’Ahmadiyya.
Toute personne qui se détourne du Tabligh (prédication) ne se détourne pas uniquement de la prédication, mais bien de l’Ahmadiyya. Toute personne qui néglige la Tarbiyyat (éducation morale et spirituelle) des autres se détourne de l’Ahmadiyya. Quiconque refuse d’enseigner les sagesses de la Shariah islamique se détourne de l’Ahmadiyya. Enfin, toute personne qui néglige la réforme des autres ou refuse de conseiller sur l’amélioration de l’état financier de la Communauté se détourne également de l’Ahmadiyya.
Une telle personne n’a aucune utilité au sein de la Communauté et n’a aucune raison d’y rester. En se déclarant Ahmadi, elle ne fait que se tromper elle-même. Et si elle ne se trompe pas elle-même, alors elle est simplement un menteur. Elle n’est pas digne de rester dans la Communauté des croyants.
Ces cinq tâches sont d’une importance capitale, et chaque membre de la Communauté doit y participer. Tant qu’ils ne s’engageront pas activement dans ces tâches, de gré ou de force, ils ne pourront jamais être véritablement comparés aux Compagnons (ra).
Observez bien ! Les Compagnons accomplissaient-ils chaque tâche selon leur propre volonté ? Jamais. Ils n’agissaient pas selon leurs propres désirs, mais toujours dans l’obéissance aux ordres du Saint Prophète (saw). Lorsque le Saint Prophète (saw) leur ordonnait de partir au Jihad, ils s’y rendaient tous. Et quiconque ne s’y rendait pas était contraint d’y aller avec eux.
Mon désir était de motiver la Communauté à participer volontairement à ces sacrifices. Cependant, il est évident que tout le monde dans la Communauté n’est pas prêt à s’engager de son plein gré. Une partie de la Communauté est composée d’hypocrites, ce qui nous oblige à les exclure de notre Jama’at. S’ils ne sont pas hypocrites, alors ils ont besoin d’une autorité forte, et de la même manière que le Saint Prophète (saw) a puni ceux qui refusaient de partir au Jihad, ces personnes doivent également souhaiter être punies et contraintes d’obéir aux ordres qui leur sont donnés.
Néanmoins, ces individus m’ont contraint à annoncer devant la Communauté qu’à partir d’aujourd’hui, à Qadian, les activités de la Khuddamul Ahmadiyya seront menées sous la contrainte, et non plus sur la base du volontariat.
Il est désormais obligatoire pour chaque Ahmadi âgé de 15 à 40 ans d’inscrire son nom dans la Khuddamul Ahmadiyya dans un délai de quinze jours. Si un Ahmadi âgé de 15 à 40 ans ne s’inscrit pas dans les quinze jours, il sera d’abord sanctionné, et si cela ne le réforme pas, il sera exclu de la Jama’at.
Il n’est pas nécessaire de mettre en place une organisation particulière pour cela. Les membres de la Khuddamul Ahmadiyya ne doivent, sous aucun prétexte, aller vers les gens. Au contraire, quelques responsables doivent être désignés dans chaque mosquée, et après chaque prière, une annonce doit être faite indiquant que pendant une période déterminée, un responsable sera présent à la mosquée. Toute personne souhaitant s’inscrire dans la Khuddamul Ahmadiyya devra se rendre auprès de lui pour faire enregistrer son nom.
Il incombe aux Présidents et Secrétaires de chaque région de prendre immédiatement des dispositions pour que les annonces de la Khuddamul Ahmadiyya soient faites. Toute négligence de la part d’un Président ou d’un Secrétaire dans cette affaire sera considéré comme une faute grave, et il sera puni en conséquence.
Ainsi, la Khuddamul Ahmadiyya doit faire des annonces dans chaque mosquée, précisant qu’à des horaires déterminés, un responsable sera présent à la mosquée pour enregistrer les noms. Des Khuddam doivent également être désignés dans les villages voisins, comme Nawa-pind, afin de faciliter ce processus.
Durant cette période de quinze jours, une enquête sera ouverte contre toute personne ne rejoignant pas la Khuddamul Ahmadiyya. Si quelqu’un présente une excuse valable, comme son absence à Qadian durant cette période ou une incapacité physique à se déplacer, il lui sera donné une occasion d’inscrire son nom. En revanche, ceux qui ne s’inscrivent pas sans raison valable seront punis. S’ils refusent de subir cette punition, ils seront exclus de la Jama’at.
Par ailleurs, j’annonce également que ceux qui ont déjà exprimé leur refus d’accepter une sanction et de devenir membres de la Khuddamul Ahmadiyya feront l’objet d’une enquête immédiate. Une commission devra être formée pour vérifier la véracité des accusations portées contre eux. Ceux dont la culpabilité sera prouvée recevront une sanction de trois jours de boycott social.
Durant ces trois jours, personne ne pourra leur adresser la parole, pas même leur père, leur mère, leur épouse, leur fils, ni aucun proche ou ami. Ils ne seront pas non plus autorisés à quitter Qadian, pour éviter qu’ils ne fuient afin d’échapper à la honte. Ils devront rester à Qadian pendant cette période, isolés de tous. La Khuddamul Ahmadiyya sera chargée de leur fournir de la nourriture matin et soir.
De même, ceux qui avaient promis de travailler mais ne l’ont pas fait (à l’exception des élèves de la 10e année, dont la sélection était une erreur des responsables de la Khuddamul Ahmadiyya) devront être examinés. S’il est prouvé qu’ils ont failli à leur engagement, ils recevront la sanction d’un boycott social d’un jour.
Durant cette journée, il sera obligatoire pour la mère, le père, l’épouse, les enfants et tous les autres proches de les chasser de leur maison, comme on jette les ordures hors de chez soi. Le père devra expulser son fils, les frères et amis devront l’abandonner. Cette personne devra quitter sa maison et passer vingt-quatre heures à la mosquée ou dans un autre lieu approprié. Là encore, la Khuddamul Ahmadiyya sera responsable de leur fournir de la nourriture.
Cependant, je crois que cette responsabilité de travail ne concerne pas uniquement les jeunes de 15 à 40 ans, mais s’étend également aux personnes plus jeunes et plus âgées.
Pour cette raison, j’annonce également qu’en l’espace d’un mois, la Khuddamul Ahmadiyya devra organiser les enfants âgés de huit à quinze ans et former une organisation qui sera appelée Atfalul Ahmadiyya. Après consultation avec moi, un programme approprié devra être élaboré pour eux.
De même, tous les hommes âgés de plus de quarante ans devront créer leur propre Anjuman nommée Ansarullah, et tous les habitants de Qadian de plus de quarante ans devront en faire partie.
Il leur sera également obligatoire de consacrer au moins une demi-heure par jour au service de la foi. Si cela est jugé approprié, certaines personnes pourront être sollicitées pour consacrer trois jours consécutifs par mois au service de la foi, au lieu de cette demi-heure quotidienne.
Ainsi, tous les enfants, les personnes âgées et les jeunes doivent être intégrés dans des sous-organisations, sans aucune exception.
Le président temporaire de la Majlis Ansarullah sera Maulvi Sher Ali Sahib, et pour assurer les fonctions de secrétaire, je nomme Maulvi Abdul Raheem Sahib Dard, Chaudhry Fateh Muhammad Sahib et Khan Sahib Maulvi Farzand Ali Sahib. J’ai désigné trois secrétaires car, pour travailler dans différentes zones, plus de personnel est nécessaire.
Ils doivent immédiatement organiser leurs membres dans les différentes régions de Qadian et enregistrer tous ceux qui ont plus de quarante ans. Ils doivent également identifier les tâches les plus adaptées à chaque individu afin que chacun consacre au moins une demi-heure par jour à une mission. Cette demi-heure représente le strict minimum, mais en cas de besoin, plus de temps pourra être exigé.
Il est aussi possible qu’au lieu de prendre une demi-heure quotidienne, certaines personnes soient mobilisées pour deux à quatre jours par mois.
Le jour où cette organisation sera solidement établie, un nouveau président et de nouveaux secrétaires pourront être élus avec mon approbation. Les personnes que j’ai actuellement désignées sont temporaires et resteront en place jusqu’à ce que tous soient bien organisés. Une fois cette organisation stabilisée, si les membres le souhaitent, ils pourront choisir un autre président ou de nouveaux secrétaires, mais mon approbation sera nécessaire.
Ma relation avec ces deux organes auxiliaires sera similaire à celle d’un missionnaire, et la responsabilité finale de leurs efforts me reviendra, ou incombera au Khalifah de l’époque.
J’aurai l’autorité de convoquer ces deux organisations pour une réunion sous ma présidence, lorsque je le jugerai opportun, et de leur demander d’organiser leur propre réunion en ma présence.
Cette annonce s’adresse principalement aux habitants de Qadian. Je les rappelle donc à l’ordre : personne ne doit manquer volontairement ces rassemblements, sauf ceux qui souhaitent délibérément nous quitter et suivre leur propre chemin.
Chaque personne devra participer à cette organisation, et les autres activités menées à travers cette structure seront également étroitement surveillées.
Il ne doit y avoir aucune personne qui n’accomplit pas la prière en congrégation à la mosquée, à l’exception des propriétaires terriens travaillant dans les champs ou des ouvriers devant se rendre à leur travail. Même pour ces personnes, je pense qu’un arrangement doit être mis en place afin qu’elles puissent prier en congrégation dans la mosquée la plus proche.
J’aimerais également attirer l’attention des sections extérieures au fait que la Khuddamul Ahmadiyya a maintenant été établie dans la plupart des endroits. Il est donc temps de travailler à la création de la Majlis Ansarullah pour les personnes de plus de quarante ans.
Les principes de ces organes auxiliaires seront les mêmes que ceux de la Majlis Ansarullah à Qadian, mais pour le moment, l’adhésion à ces organisations en dehors de Qadian ne sera pas obligatoire. Chacun pourra y adhérer selon sa propre volonté.
Cependant, il est obligatoire pour le Président, l’Amir ou le Secrétaire d’être membre d’une Majlis. Personne ne peut être Amir s’il n’est pas membre de la Khuddamul Ahmadiyya ou de la Majlis Ansarullah, selon son âge. De même, personne ne peut être Président ou Secrétaire s’il n’est pas membre de l’une de ces organisations.
Après environ un an d’observation, si Allah le veut, il deviendra progressivement obligatoire pour les membres en dehors de Qadian de rejoindre également ces organisations. L’Ahmadiyya suit les traces des Compagnons (ra). Lorsque les Compagnons étaient appelés au Jihad, ce n’était pas selon leur volonté, mais ils étaient ordonnés d’y participer.
J’ai déjà donné aux habitants de Qadian la possibilité de participer volontairement. Ceux qui souhaitaient obtenir des récompenses spirituelles les ont déjà obtenues. Désormais, pour les personnes âgées de 15 à 40 ans, il est obligatoire de rejoindre la Khuddamul Ahmadiyya. Par conséquent, la récompense spirituelle qui pouvait être obtenue par un engagement volontaire n’est plus la même. Bien sûr, il y aura toujours des bénédictions spirituelles pour le service rendu à la Communauté, mais ceux qui ont rejoint cette mission de leur plein gré et ont démontré une fidélité exemplaire ont surpassé les autres.
Cependant, puisque la Majlis Ansarullah n’a jamais été établie de cette manière auparavant, ceux qui y adhéreront recevront la même récompense spirituelle que ceux qui rejoignent volontairement de telles organisations.
Je tiens encore une fois à rappeler aux membres les plus faibles de la Communauté de ne pas être comme l’autruche. Soyez patients et fermes dans vos engagements. Si vous prétendez ressembler aux Compagnons (ra), alors vous devez incarner les qualités des Compagnons (ra). Il est établi que le service de la foi leur était imposé comme une obligation.
Si les Compagnons (ra) n’avaient même pas le droit de se plaindre d’une quelconque obligation religieuse, alors comment pouvez-vous prétendre avoir ce droit ?
Soit vous affirmez que le Messie Promis (as) n’était pas un prophète, et donc que vous n’êtes pas des compagnons ni leurs semblables. Dans ce cas, votre place ne serait pas à Qadian, mais à Lahore, car ce sont ceux-là mêmes qui disent que le Messie Promis (as) n’était pas le reflet complet du Saint Prophète (saw).
Or, cela implique que si le Messie Promis (as) n’était pas prophète, alors ils ne peuvent pas non plus être considérés comme des compagnons.
Leur comportement est également semblable à celui de l’autruche. Ils affirment que le Messie Promis (as) n’était pas le reflet complet du Saint Prophète (saw), mais se considèrent tout de même comme des compagnons. Or, si le Messie Promis (as) n’était pas prophète, comment pourraient-ils être semblables aux Compagnons (ra) ?
À plusieurs reprises, ceux qui n’ont pas accepté mon Bai‘at ont présenté en opposition leurs grands érudits comme des compagnons. Comme si Maulvi Muhammad Ali était devenu un compagnon, alors que pour lui, le Messie Promis (as) n’était qu’un « érudit spécial ».
La véritable place de ces personnes est à Lahore, pas à Qadian. Tout doit appartenir à l’endroit qui lui convient le mieux. Ils devraient rompre leur lien avec Qadian et plutôt établir leur connexion avec Lahore. Si tel est le cas, nous n’aurons rien à leur reprocher à ce sujet.
Cependant, tant qu’ils restent parmi nous, nous les obligerons sans aucun doute à travailler pour le service de la foi sous le Nizam. S’ils ne se réforment pas, nous serons dans l’obligation d’exclure ces personnes faibles de notre Communauté.
J’ai dit à plusieurs reprises qu’une communauté ne réussit pas par le simple fait de sa taille. Le Saint Coran a également expliqué cette réalité avec ces paroles :
كَمْ مِّن فِئَةٍ قَلِيلَةٍ غَلَبَتْ فِئَةً كَثِيرَةً بِإِذْنِ اللّٰهِ
« Combien de petites armées ont vaincu de grandes armées par la permission d’Allah. »
(Sourate Al-Baqarah, 2:250)
Le nombre seul ne signifie rien s’il n’y a ni foi ni sincérité au sein de cette population. Même si de telles personnes restent parmi nous, quelle nation pourrions-nous vaincre de manière exceptionnelle ?
En Hindoustan, la plus petite communauté est celle des Sikhs, mais même eux sont trois à quatre millions. Nous ne représentons rien face aux Sikhs.
Six ans avant aujourd’hui, en mai 1934, Sardar Karak Singh Sahib, connu comme le « roi non couronné des Sikhs », est venu ici et a prononcé un discours à Basrawan, affirmant que les Ahmadis de Qadian opprimaient gravement les Sikhs. Il déclara que si les Ahmadis ne cessaient pas cette oppression, Qadian serait détruit.
Un de ses partisans est même allé jusqu’à dire que les briques de Qadian seraient jetées à la mer. Lorsque ce rapport m’est parvenu, j’ai publié une déclaration. J’y ai affirmé que cette histoire d’oppression par les Ahmadis était totalement fausse.
Je leur ai dit que s’ils faisaient jurer les Sikhs de cette région et leur demandaient la vérité, 99 % d’entre eux témoigneraient que moi-même, ma famille et ceux qui me sont liés avons toujours traité les Sikhs avec compassion.
J’ai ainsi présenté de nombreux exemples de mon bon comportement envers eux.
En lien avec cela, j’ai également reçu un rapport selon lequel un Ahrari, lors d’un discours pendant leur congrès, a déclaré que les Sikhs étaient sans honte, car les Ahmadis qualifient leur groupe de musulman, les humiliant ainsi, et pourtant ils ne réagissent pas.
Je leur ai expliqué qu’après la venue du Saint Prophète (saw), selon les musulmans, il n’existe plus que deux groupes dans le monde : les musulmans et les incroyants. Selon cet Ahrari, si le fait d’appeler Baba [Guru Nanak] Sahib un musulman constitue une humiliation, alors demandez-lui comment lui-même considère Baba Sahib. S’il lui accorde un statut supérieur à celui d’un saint musulman, alors vous pouvez le considérer comme un bienfaiteur. Mais s’il pense que Baba Sahib était un mécréant parce qu’il a rejeté le Saint Prophète (saw), dites-nous qui insulte Baba Sahib : lui ou nous ?
Nous, nous considérons Baba Sahib comme un saint musulman, et selon l’islam, le statut d’un saint musulman est si élevé que seuls les prophètes et les messagers sont au-dessus d’eux.
Le fait de le qualifier de musulman n’est en aucun cas une forme de mépris. Au contraire, nous lui accordons le même respect que nous témoignons aux autres saints musulmans.
Lorsque nous l’appelons musulman, cela ne signifie pas, que Dieu nous en préserve, que nous le comparons aux personnes modestes vivant dans les villages sikhs, qui bien que se disant musulmans, n’ont aucun lien avec l’islam. Nous ne le qualifions pas de musulman selon son statut social, mais en des termes religieux, où « musulman » signifie proche de Dieu.
Cependant, comme certains musulmans vivant dans les villages sikhs sont perçus comme des dégénérés, et que dans la perception populaire, les dégénérés sont considérés comme des personnes de faible statut, certains Sikhs pensent que nous assimilons leur Baba Sahib à ces musulmans marginalisés. Mais ce n’est absolument pas notre intention.
Lorsque nous l’appelons musulman, c’est dans le sens de serviteur de Dieu. Si ce terme ne vous convient pas, dites-nous comment nous devrions l’appeler.
D’après notre compréhension religieuse, toutes les personnes en dehors de l’islam sont considérées comme des mécréants. Il n’existe donc que deux désignations parmi les musulmans : Kafir (mécréant) ou Musulman.
Si Baba Sahib n’était pas musulman, c’est-à-dire un saint de Dieu, alors cela signifierait, que Dieu nous en préserve, qu’il était un mécréant, éloigné de Dieu. Il vous revient désormais de décider ce qui est plus humiliant : le qualifier de mécréant ou de musulman.
L’objectif de cette accusation des Ahrar est de laisser entendre que les Ahmadis font l’éloge de Baba Sahib, mais comme les Sikhs ne comprennent pas toute la portée de cette affirmation, ils en viennent à penser que les Ahraris les défendent et que les Ahmadis les ridiculisent.
Lorsque j’ai publié ce tract, l’orateur sikh, étant une personne raisonnable, est monté sur scène le deuxième jour de la convention et a déclaré devant l’assemblée qu’on l’avait fortement humilié, car ce qu’on lui avait dit était totalement différent de ce qui était écrit dans le tract.
Je présente cet exemple pour montrer que, bien que les Sikhs soient numériquement inférieurs aux autres nations, ils se considèrent tellement puissants qu’ils nous ont adressé des menaces, affirmant qu’ils détruiraient Qadian. L’un d’entre eux est même allé jusqu’à dire que les briques de Qadian seraient jetées à la mer.
En tant que communauté, nous sommes déjà moins nombreux que d’autres. Si, en excluant les personnes à l’esprit hypocrite, notre nombre reste réduit, et que leur présence parmi nous n’apporte aucune croissance, alors il n’y a aucune raison pour laquelle ils ne devraient pas être exclus, surtout si leur présence nuit aux autres.
Cependant, les communautés des prophètes de Dieu ne réussissent pas grâce à leur grand nombre, mais par le secours divin. Ainsi, même si ces personnes nous quittent et que nous devenons temporairement moins nombreux, nous ne pourrons pas être vaincus.
Il est possible que certains Peghamis (les membres de l’Ahmadiyya Anjuman Isha’at-e-Islam Lahore) disent : « Avant, vous présentiez votre grand nombre comme preuve de votre véracité. Maintenant, vous affirmez qu’en étant peu nombreux, vous restez véridiques. Comment ces deux affirmations peuvent-elles être correctes en même temps ? »
Ils doivent comprendre que ces deux déclarations sont vraies. Lorsque je dis que, malgré notre nombre restreint, nous ne serons pas vaincus, c’est une vérité. Et lorsque je dis que nous sommes nombreux et que cela prouve que nous sommes dans la vérité, cela est également vrai.
Nous sommes petits en nombre comparés aux autres nations, mais nous sommes nombreux dans le sens où la majorité de la Communauté du Prophète est avec nous.
Quand j’ai dit que, malgré notre faible nombre, nous ne serons pas vaincus, cela ne signifie pas que la majorité de la Communauté du Messie Promis (as) se détournera de moi et qu’il ne restera qu’un petit groupe. La majorité de la Communauté restera toujours avec moi, et il ne pourra jamais arriver que la majorité de la Communauté du Prophète tombe dans l’erreur.
Si, à un moment donné, la majorité se trompe sur u 2n sujet, cette erreur sera rapidement corrigée, comme cela s’est produit à l’époque des Compagnons (ra) durant le Khilafat de Hazrat Ali (ra).
J’ai simplement dit que nous sommes peu nombreux en comparaison aux autres nations du monde. Je n’ai jamais affirmé que la Communauté du Messie Promis (as) deviendrait minoritaire. Tant que la lumière de la foi brillera dans le cœur des membres de la Communauté, il est impossible que la majorité s’égare.
Ceux qui devaient trébucher trébucheront. Ceux qui devaient chuter chuteront. Ceux qui devaient s’égarer s’égareront. Malgré cela, la majorité restera avec moi.
Les Peghamis ou les Misris (les associés d’Abdur Rahman Misri, qui ont rejeté le Khilafat et quitté la Communauté musulmane) égarés ne pourront tirer aucun avantage de mes paroles. La majorité est avec moi et, si Dieu le veut, restera avec moi.
Si certains hypocrites et personnes faibles d’esprit, prouvant leur faiblesse de foi, nous quittent, ils ne représenteront jamais la majorité. La majorité restera toujours avec moi, et ils resteront minoritaire face à moi.
Depuis toujours, dans les communautés des prophètes, les hypocrites et les fauteurs de troubles sont une minorité, tandis que les véritables croyants constituent la majorité.
Lorsque j’emploie le mot minorité en parlant de nous, cela ne signifie pas que nous sommes minoritaires par rapport à ceux qui se disent Ahmadis, mais plutôt que nous sommes peu nombreux comparés aux nations du monde.
Cependant, nous sommes majoritaires par rapport à ceux qui se prétendent Ahmadis mais ne sont pas sous mon Bai’at. Et nous resterons majoritaires, Inch’Allah.
À travers ce sermon, je souhaite attirer l’attention de la Communauté sur la nécessité de transformer nos actions en accord avec le statut du Messie Promis (as) que nous avons accepté avec sincérité. De même, nous devons nous efforcer d’adopter le comportement des Compagnons (ra).
Le comportement des Compagnons était tel qu’au moindre ordre, ils se levaient immédiatement dans une obéissance totale. Cette attitude doit devenir la nôtre.
Nous ne pouvons pas accepter d’une personne qui n’adopte pas cette conduite qu’elle croit réellement que le Messie Promis (as) est un Prophète Ummati. Car la conséquence logique de croire en un Prophète Ummati est de suivre les actions des Compagnons (ra). Si quelqu’un n’agit pas comme les Compagnons, alors on ne peut que conclure qu’il considère le Messie Promis (as) comme un prophète indépendant. Dans ce cas, il ne peut avoir aucun lien avec nous.
Nous croyons que le Messie Promis (as) était un Ummati du Saint Prophète (saw). Nous ne sommes pas prêts à croire en quelqu’un qui se déclare prophète indépendant et qui, en se libérant de la soumission au Saint Prophète (saw), présente au monde une prétention de prophétie.
Cependant, nous n’affirmons pas pour autant que Mirza Sahib n’était pas prophète. Allah l’a déclaré prophète, tout comme l’a fait le Saint Prophète (saw).
Ainsi, selon nous, toute personne qui refuse d’accepter la prophétie du Messie Promis (as) traite également Dieu de menteur et, par conséquent, accuse aussi le Prophète de Dieu (saw) de mensonge.
C’est pourquoi leur chemin est différent du nôtre, et notre voie reste séparée de la leur.
Je divise désormais la communauté de Qadian en trois sections pour l’avenir :
Il est du devoir de chaque Ahmadi de devenir membre de l’organisation correspondant à son âge.
La Khuddamul Ahmadiyya existe déjà depuis un certain temps. La Atfalul Ahmadiyya est également établie. Cependant, la Ansarullah vient tout juste d’être créée.
Pour l’organisation temporaire des affaires de la Majlis Ansarullah, je nomme :
Ils ont l’autorité de désigner d’autres secrétaires ou assistants afin de faciliter les efforts.
Ils doivent établir un plan concret dans un délai de trois jours.
Ils doivent nommer des personnes appropriées dans chaque mosquée de la région, chargées d’enregistrer les noms de ceux qui rejoignent l’organisation.
Ce travail devra être complété en quinze jours.
Il n’est pas nécessaire d’aller solliciter les gens pour les convaincre de rejoindre. Les responsables doivent simplement s’asseoir à la mosquée.
Il est inutile de conserver parmi nous une personne qui ne souhaite pas faire partie de nous.
Après ces quinze jours, un recensement sera effectué pour déterminer qui ne s’est pas inscrit.
Dans un délai de quinze jours, toute la communauté de Qadian sera intégrée dans un mouvement, et les mêmes tâches que le Saint Prophète (saw) a confiées aux Compagnons (ra) leur seront confiées.
Cela signifie que :
Chaque membre de notre Communauté devra accomplir ces cinq tâches fondamentales.
De plus, chaque membre devra s’engager dans les travaux décidés par la Communauté et selon les directives du Nizam.
Le travail peut même être confié à une personne qui, en raison d’une excuse valable — par exemple, si elle est paralysée, aveugle ou gravement malade au point de ne pas pouvoir marcher —, peut tout de même être utile grâce à son intelligence, et cela peut être bénéfique, si Dieu le veut.
Par exemple, il peut lui être demandé : « Si tu ne peux rien faire d’autre, alors prie au moins deux rak‘ats de nafl (deux unités de prière volontaire) chaque jour pour le succès de la Communauté. »
Même de ces personnes, si ce n’est autrement, on peut obtenir du soutien à travers leurs prières. En réalité, il n’existe personne dans ce monde qui ne puisse faire au moins quelque chose.
Il est même prouvé par le Saint Coran que seule une personne capable de se rendre utile d’une manière ou d’une autre est maintenue en vie dans ce monde. Et parmi les tâches demandant le moins d’effort physique, la prière en fait partie.
Certes, certains peuvent servir de prise de conscience pour les autres. Par exemple, une personne atteinte de troubles mentaux graves ne peut ni prier ni accomplir aucune autre tâche. De telles personnes deviennent alors un moyen pour les autres de réaliser leur propre situation et d’en tirer des leçons.
Cependant, à ma connaissance, aucune personne avec un tel handicap mental n’est présente à Qadian. Oui, il y a quelques personnes ayant un faible bon sens, mais je crois qu’il n’y a personne qui soit totalement déficient mentalement. Ces personnes deviennent au moins un motif d’éveil pour les autres.
Je suppose que les membres de notre Communauté accompliront leur travail en gardant à l’esprit leur statut. Aucun d’entre eux ne devrait aller se tenir parmi ceux qui sont de nature rebelle.
Si une personne ne devient membre d’aucune Majlis parmi ces organisations, elle ne sera pas jugée digne de rester dans la Jama’at.
Participer à ces organisations est la preuve concrète de combien une personne souhaite préserver sa foi et remplir ses responsabilités.
Ce n’est pas uniquement mon devoir de participer à la mise en œuvre et au lancement des commandements donnés par Dieu et Son Messager (saw), mais c’est le devoir de chacun.
Après tout, je n’ai pas, que Dieu m’en préserve, envoyé Muhammad (saw) comme Prophète. Je n’ai pas envoyé le Messie Promis (as) comme le dernier reflet du Saint Prophète (saw). Je n’ai pas créé les Compagnons (ra), ni ne vous ai créés.
Tout cela relève de l’œuvre de Dieu. C’est Lui qui a accompli cela.
Mon rôle est celui d’un ouvrier, et mon devoir est de veiller à ce que chaque verset soit placé là où Dieu l’a établi.
Je ne dis rien de moi-même, mais uniquement ce que Dieu a dit.
Si quelqu’un ne l’accepte pas, qu’il prouve que Dieu ne l’a pas dit. Sinon, il ne me rejette pas moi, mais il rejette Dieu l’Exalté.
(Sermon du vendredi, 26 juillet 1940)