LA KHUDDAMUL AHMADIYYA DOIT CORRIGER L’AZAN DES MUEZZINS

(Sermon du vendredi, 19 janvier 1940)

Il y a presque un an, j’avais attiré l’attention des Khuddamul Ahmadiyya sur la nécessité de corriger l’Azan de ceux qui lancent l’appel à la prière à Qadian. De nombreux érudits islamiques qualifiés les ont également rejoints depuis. Leur Sadr lui-même est un Maulvi Fazil et un Hafiz. Par conséquent, l’accomplissement de cette responsabilité devrait leur être assez facile, pourtant ce problème persiste et s’aggrave plutôt que de s’atténuer. L’Azan qui vient d’être récité donnait l’impression qu’une pomme de terre était coincée dans la gorge du muezzin. Il a prononcé chaque mot avec un son « aau ». J’avais déjà signalé que le mot حی (hayy) était mal prononcé comme حیا (hayya), mais aujourd’hui, seul حی (hay) a été prononcé, ce qui signifie que le second ی (ya) a été omis.

Apprendre à réciter correctement l’Azan est simple, et sa beauté ou sa maladresse influence directement l’esprit. Hazrat Khalifatul-Masih Ira racontait qu’un chef sikh vivait près d’une mosquée. Un jour, il offrit un cadeau au muezzin de la mosquée : un turban et douze roupies, en lui disant : « Ceci est un cadeau, mais cesse désormais de réciter l’Azan. » Lorsque le muezzin lui demanda la raison, le chef sikh répondit : « Ta voix est si belle que ma fille avoue être tombée sous le charme de la religion musulmane. Alors, prends ce présent et je continuerai à t’en offrir d’autres, mais arrête de lancer l’Azan. » Ce pauvre homme, vivant dans la pauvreté, céda à la tentation et arrêta de réciter l’Azan. La voix de la personne qui fut désignée pour le remplacer était très désagréable. Le résultat fut que, quelques jours plus tard, la fille du chef sikh déclara : « Père, il semble que je me sois trompée. La religion musulmane ne me paraît plus si attrayante. »

Ainsi, les aspects physiques influencent également l’esprit. Les Indiens ont tendance à émettre un son « aau » avant de prononcer le ل  (laam), et de cette manière, ils accentuent fortement ce son, semblable à la manière dont les ouvriers insistent en disant لادے زور (mets-y toute ta force). Cependant, cela ne correspond pas à la prononciation arabe. Ils prononcent l’alif lam comme lorsqu’un pot résonne après qu’on y a laissé tomber quelque chose. L’une des beautés de la langue arabe réside dans le rythme musical qui lui est propre. Aucune autre langue ne possède cette qualité, et le Saint Coran en est le meilleur exemple. Il n’existe aucun autre livre dans le monde dont les mots puissent être récités aussi mélodieusement que ceux du Saint Coran. Il n’y a aucun livre en ourdou, en anglais ou dans une autre langue dont le texte puisse être chanté avec la même mélodie que lorsque nous récitons :
الْحَمْدُ لِلّٰهِ رَبِّ الْعٰلَمِیْنَ (Toutes les louanges appartiennent à Allah, Seigneur des mondes).

En comparaison, si nous lisons en anglais la phrase « I will go there » sur un ton mélodieux, cela paraîtrait tellement ridicule que tous ceux qui l’entendraient éclateraient de rire. Cependant, les mots arabes ont une nature où leur ton et leur profondeur ressemblent à une mélodie. Leurs voyelles possèdent des caractéristiques précises et tant qu’elles ne sont pas respectées, la prononciation semble déformée. Aucune autre langue n’accorde autant d’importance à l’accentuation que l’arabe. La justesse ou la déformation d’un mot dépend de la tonalité, et les significations changent avec la moindre variation.

Par exemple, لَ (la) signifie « certainement », mais si ce mot est légèrement prolongé et devient لَا (laa), il signifie « non ». Ainsi, le sens change complètement avec une simple diminution ou prolongation des voyelles. Dans le Saint Coran, on trouve les mots یَتَّقُوْنَ (yataquna) et یَتَّقُوْنِ (yataquni). Le premier signifie « ils craignent » tandis que le second veut dire « ils me craignent ». En somme, une légère variation dans la vocalisation, comme la tanwīn (nunation) ou la kasra (zer), entraîne un changement significatif de sens.

Un jour, un prêtre se rendit auprès du Messie Promis (as) et affirma que l’arabe était une langue inadaptée pour la révélation des paroles de Dieu l’Exalté, car elle était la langue des nomades arabes. Le Messie Promis (as) réfuta cette affirmation en expliquant que la capacité de la langue arabe à transmettre les paroles divines surpassait celle de toute autre langue. Cependant, le prêtre prétendit que la langue arabe ne pourrait jamais rivaliser avec l’anglais. Le Messie Promis (as) lui répondit qu’il est essentiel, pour transmettre les paroles de Dieu l’Exalté, que la langue utilisée puisse exprimer des sujets vastes en un minimum de mots. Le prêtre acquiesça en disant : « Oui, seule la langue anglaise possède cette qualité. »

Le Messie Promis (as) lui demanda alors : « Très bien, comment dirait-on میرا پانی  (mon eau) en anglais ? » Le prêtre répondit : « My water. » Le Messie Promis (as) déclara : « En arabe, il suffit de dire مَائِیْ (ma’i), ce qui signifie ‘mon eau’. Le mot ‘eau’ est donc un ajout en anglais. »

Cette réponse fut entièrement guidée par Dieu, car le Messie Promis (as) ne connaissait pas l’anglais. C’est Allah l’Exalté qui lui fit prononcer cette phrase, révélant ainsi la concision exceptionnelle de la langue arabe par rapport à l’anglais. Il est extrêmement rare qu’une phrase arabe ait une traduction anglaise plus courte. Pourtant, cette déclaration spontanée, dont seulement la moitié transmettait le sens de toute la phrase anglaise, était sous le contrôle divin.

La langue arabe possède donc de nombreuses caractéristiques uniques, parmi lesquelles sa capacité à être récitée de manière mélodieuse. Les autres langues ne partagent pas cette particularité. Si elles étaient récitées de cette manière, cela semblerait moqueur.

Ainsi, la Khuddamul Ahmadiyya doivent enseigner aux muezzins de toutes les mosquées la récitation correcte de l’Azan et les empêcher d’insister à tort sur certains mots ou de prononcer des voyelles arrondies de manière inappropriée.

(Sermon du vendredi, 19 janvier 1940)