C’est la pratique d’Allah l’Exalté que tant que les amis d’un croyant restent en vie et continuent à servir leur foi, le défunt continue de recevoir une récompense pour le statut qu’il détenait au moment de sa mort.
Allah l’Exalté nous enseigne ainsi qu’il est essentiel de considérer comme vivants ceux qui sont martyrs. Le Messie Promis (as) a défini un martyr comme une personne qui atteint rapidement un statut élevé, non pas dans le sens où il parvient à ce rang avec un service mineur, mais plutôt qu’après avoir servi seulement quelques jours, il sacrifie sa vie pour la cause. S’il restait en vie, ses actions vertueuses continueraient. Cependant, Allah l’Exalté, selon Sa Volonté, met fin à ses bonnes actions continues et lui accorde le martyre pour que ceux qui suivent puissent gagner la vie. C’est pour cette raison que les bonnes actions de ceux qui sacrifient leur vie dans le chemin d’Allah l’Exalté continuent. Les martyrs partagent la récompense de ceux avec qui ils ont servi de leur vivant, quel que soit le mérite de ces individus. Autrement dit, le statut atteint par un martyr et l’échelle de son sacrifice détermineront la récompense qu’il recevra, et la mort ne le privera pas de cela.
Observez comment certains Compagnons (ra) sont devenus martyrs après avoir accepté l’Islam depuis seulement quelques jours. Leurs bonnes actions cesseraient-elles d’exister ? Certainement pas ! Au contraire, ces actions se multiplieront tant que les Compagnons (ra) resteront vivants.
Ainsi, se sacrifier dans le chemin de la religion est un acte grandiose, et quiconque l’accomplit mérite un honneur supérieur aux autres—le Saint Coran fait précisément cela. Concernant Hazrat Umar (ra), il est mentionné qu’il priait pour le martyre et pour être martyrisé à Médine. Finalement, il atteignit ce statut et cela se produisit à Médine. Cependant, il est étonnant qu’un individu comme lui puisse prier pour une telle chose. Être martyrisé à Médine signifiait que l’ennemi attaquerait Médine et réussirait à dominer au point de tuer le Calife des musulmans. Malgré cela, Hazrat Umar (ra) continuait à prier pour cela. Cela montre que c’est un rang que de glorieux et illustres Compagnons (ra) désiraient.
Un tel esprit et une telle passion doivent être inculqués en chaque Ahmadi et particulièrement en chaque jeune Ahmadi. Il faut enseigner à chaque étudiant qu’il est de leur devoir d’établir l’Islam et l’Ahmadiyyat. Chaque Ahmadi est une brique dans le palais de l’Ahmadiyyat, et si à un moment donné il devient nécessaire de la tailler pour le bénéfice du fort Ahmadiyya, il devrait se considérer des plus chanceux. Observez qu’aussi longtemps qu’une brique reste dans le mur d’un bâtiment, elle n’est qu’une brique. Mais si un trou apparaît quelque part, permettant à l’eau de s’infiltrer, et qu’une brique est broyée et transformée en ciment pour combler le trou, cette brique devient alors le bâtiment lui-même. De la même manière, une personne qui meurt pour une nation prouve qu’elle a fait un sacrifice pour cette nation. Celui qui, afin de bénéficier la nation, se sacrifie peut ne plus exister en tant qu’individu, mais il devient la nation elle-même.
Cet esprit doit être inculqué dans le cœur de chaque jeune Ahmadi, et il faut se rappeler que ceux qui sont imprégnés d’un tel esprit ne restent pas des gens ordinaires. Leurs visages, leurs discours et leurs actions révèlent qu’ils ne vivent plus pour eux-mêmes, mais qu’ils sont devenus une incarnation de sacrifice.
Lors de la bataille de Badr, lorsque les mécréants envoyèrent leurs hommes analyser l’armée musulmane, ils revinrent en disant qu’ils ne voyaient pas d’hommes montés sur leurs montures, mais qu’ils voyaient la mort, et qu’ils ne devaient pas combattre les musulmans sous peine de rencontrer leur propre mort.
Quand nous verrons un tel esprit chez nos jeunes, et que nous observerons qu’ils attendent de sacrifier leurs vies pour l’Islam, avec leurs ailes déployées, prêts à bondir sur l’oiseau de l’incroyance dès qu’il arrivera, ce jour-là, nous comprendrons que nous avons atteint l’objectif pour lequel le Conseil du Tehrike-Jadid a été établi.
(Discours prononcé le 3 août 1938)