LA RÉFORME DE LA JEUNESSE POUR LE PROGRÈS DE L’AHMADIYYA

(Sermon du vendredi, 28 octobre 1938)

Le deuxième point important est l’établissement des organisations de Khuddamul Ahmadiyya et la participation à celles-ci. Je n’ai pas encore rendu cela obligatoire, mais si quelqu’un reste en dehors de son cadre et ne rejoint pas le Majlis Khuddamul Ahmadiyya, alors nous en serons responsables. Nous devons former notre jeunesse de manière à ce qu’aucun d’entre eux ne reste en dehors de cette organisation.

Il faut garder à l’esprit que l’accomplissement de grandes tâches nécessite toujours un temps prolongé, et les bénédictions magnifiques que nous avons été commandés de rechercher ne peuvent être obtenues sans de grands sacrifices. Une grave erreur commise par les musulmans fut de croire que tout progrès s’arrêtait avec les Compagnons (ra). Si cela était vrai, quel [récompense] pourrions-nous espérer obtenir ? En réalité, cette notion a causé des dégâts considérables à l’Islam.

Allah l’Exalté déclare dans le Saint Coran :

                                                     ٱهْدِنَا ٱلصِّرَٰطَ ٱلْمُسْتَقِيمَ – صِرَٰطَ ٱلَّذِينَ أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ        
« Guide-nous dans le droit chemin, le chemin de ceux sur qui Tu as répandu Tes bénédictions. »
(Sourate Al-Fatihah, 1:6-7)

Par cette prière, Allah l’Exalté nous a enseigné à chercher les plus grandes bénédictions. Ainsi, si Celui qui enseigne cette prière n’a pas fait preuve d’avarice, et si Celui qui accorde n’a pas de manque, pourquoi le chercheur serait-il découragé ? À l’époque des Compagnons (ra) – et même après – tant que les gens comprenaient cette prière, Allah l’Exalté leur conférait de grands honneurs. Cependant, lorsque leurs esprits commencèrent à se contenter de choses insignifiantes, ils tombèrent dans le déclin.

Nous devons tirer des leçons de ce déclin des musulmans et chercher les plus grandes bénédictions auprès d’Allah l’Exalté. Cependant, prier pour des bénédictions spirituelles spécifiques est une erreur : on peut demander à un médecin de prescrire le meilleur remède, mais exiger un supplément qui aiguise le pouvoir philosophique ou une potion orientale serait insensé. Allah l’Exalté sait parfaitement quelles bénédictions spirituelles sont les meilleures pour celui qui les demande. Par exemple, une personne peut demander des bénédictions et la capacité d’atteindre la proximité de Dieu, mais il est possible que son progrès soit décrété par le jeûne. Ainsi, demander des bénédictions spirituelles spécifiques signifie fermer la porte de la proximité avec Dieu.

Cependant, demander une bénédiction spécifique pour une question physique, comme la fertilité, n’est pas interdit. Mais en ce qui concerne les questions spirituelles, nous devons demander les plus grandes bénédictions à Allah l’Exalté et Lui laisser le soin de déterminer quelles bénédictions Il décrète pour nous, car Lui seul comprend ce qui convient le mieux à nos capacités spirituelles et intellectuelles.

Il est donc extrêmement important de maintenir les générations futures sur la bonne voie pour atteindre de grands objectifs. Cela nécessite un système et de nombreuses propositions sont faites pour établir un tel système. Ceux qui prétendent que ces initiatives sont des innovations se trompent ; ne pas instituer des changements adaptés aux circonstances serait loin d’être sage.

Par exemple, si une personne refuse d’utiliser une voiture en la considérant comme un luxe, ou insiste pour marcher alors qu’un train est disponible, ce serait une absurdité. De la même manière, pour obtenir des récompenses, il est essentiel que tous travaillent collectivement sous un système organisé.

Lorsque le Messie Promis (as) s’est rendu à Delhi et a visité les sanctuaires de ses saints, il a déclaré qu’il y a tant de saints enterrés ici que si les vivants ne prennent pas garde, les âmes de ces saints se plaindront avec une grande douleur, et l’œuvre de Dieu sera assurément accomplie. Parmi les désirs du Messie Promis (as), il y avait celui que Delhi n’échappe pas à l’acceptation de l’Ahmadiyyat. Ainsi, nous devons comprendre les immenses efforts nécessaires pour réaliser ce souhait du Messie Promis (as).

Hazrat Khalifatul Masih I (ra) a raconté un incident de son séjour à Lucknow, où il étudiait la médecine. Son professeur lui a demandé jusqu’à quel niveau il souhaitait étudier la médecine. Bien qu’il ne connaissait pas le plus grand médecin de l’époque, les mots qui sont sortis de sa bouche, sans qu’il les ait prémédités, étaient : « Équivalent à Platon. » Bien que Platon soit un philosophe et non un médecin, il symbolisait une grande intelligence. Son professeur loua cette réponse, affirmant que le fait de nommer une telle personnalité démontrait une grande ambition et assurait qu’il réaliserait quelque chose de significatif. Cet exemple illustre le type de jeunesse résolue et déterminée dont nous avons besoin aujourd’hui.

Une personne véritablement remarquable est celle dont la disparition fait penser aux gens qu’il n’existe personne capable de combler le vide laissé par son départ. C’est ce genre de personne que nous devons chercher à former.

J’ai remarqué qu’il reste encore des lacunes importantes dans la Tarbiyyat (formation morale et spirituelle) des garçons et des filles, et cela nécessite une attention particulière et continue. Je ne vois pas encore sur les visages de la plupart des enfants une lumière spirituelle qui reflète parfaitement la foi. Seulement quelques enfants et jeunes ont des fronts sur lesquels les mots
                                                                       « ٱهْدِنَا ٱلصِّرَٰطَ ٱلْمُسْتَقِيمَ« 
« Guide-nous dans le droit chemin »
sont métaphoriquement inscrits, et qui s’efforcent activement de rechercher les récompenses d’Allah l’Exalté.

La jeunesse d’aujourd’hui doit non seulement faire preuve d’une solide formation morale et spirituelle, mais aussi devenir des exemples de dévouement et de détermination, s’efforçant de réaliser la noble mission du Messie Promis (as) et de diffuser la lumière de la foi dans chaque recoin du monde.

(Sermon du vendredi, 28 octobre 1938)