À cette époque, le Messie Promisa.s. s’occupait des affaires mondaines de son père pour lui venir en aide, mais son cœur était tourné ailleurs. Il incarnait parfaitement l’expression : « les mains à l’ouvrage, le cœur tourné vers le Bien-Aimé ». Ainsi, dès qu’il se libérait un instant des affaires juridiques, il se plongeait aussitôt dans le souvenir de Dieu.
Même lors de ses déplacements pour des procès, il ne laissait jamais passer l’heure de la prière. Cette obligation n’était jamais négligée, même au milieu des audiences. Un jour, il dut assister à un procès important, dont l’issue favorable aurait pu avoir des répercussions positives sur plusieurs autres décisions judiciaires en consolidant ses droits. Alors que l’audience tardait à débuter, l’heure de la prière arriva. Constatant que le juge était encore occupé et que le temps imparti à la prière allait s’écouler, il remit son affaire entre les mains de Dieu, s’éloigna, fit ses ablutions, puis se mit à prier à l’ombre des arbres.
Alors qu’il venait de commencer sa prière, on l’appela, mais il poursuivit calmement sans y prêter attention. Lorsqu’il termina, il était convaincu que la partie adverse avait obtenu gain de cause. En effet, selon la procédure, si une partie ne se présente pas, le jugement est généralement rendu en faveur de l’autre. Il voulut néanmoins connaître le verdict. À sa grande surprise, il apprit que le juge, un Britannique, avait statué sur pièces, rendant ainsi un jugement en sa faveur. Dieu avait agi pour lui comme un avocat.
En somme, il se chargeait de ces tâches mondaines comme un homme contraint d’accomplir une mission à laquelle il n’attachait que peu d’intérêt, bien qu’elle concernât directement la sauvegarde de son propre héritage. Son désintérêt pour ces affaires, malgré son intelligence et sa maturité, témoigne de son détachement profond vis-à-vis du monde et de son aspiration sincère vers un seul but : Dieu.