Dans mon sermon précédent, j’ai mentionné qu’il est très important d’établir une organisation comme Khuddamul Ahmadiyya. La correction et la réforme des jeunes, ainsi que l’établissement d’une pratique des bonnes actions, sont des objectifs d’une telle importance qu’ils ne doivent pas être négligés.
J’ai expliqué que l’établissement de Lajna Imaillah pour la réforme des femmes, et de Khuddamul Ahmadiyya pour la réforme des hommes, constituent deux piliers essentiels d’une initiative nationale, et sont cruciaux pour parfaire la Tarbiyyat (formation spirituelle et morale).
De plus, j’ai donné des directives à Khuddamul Ahmadiyya pour qu’ils réalisent leurs travaux selon un programme bien planifié. Il ne faut pas que les travaux soient entrepris sans agenda clair, car travailler sans plan n’est généralement pas bénéfique.
Aujourd’hui, je souhaite aborder certains points que Khuddamul Ahmadiyya devrait inclure dans leurs programmes à court et à long terme. Il est possible que d’autres objectifs soient introduits plus tard, mais pour l’instant, ils devraient porter une attention particulière aux points suivants. Certains objectifs doivent toujours rester une partie intégrante de leurs efforts, tandis que d’autres peuvent être modifiés en fonction des besoins du moment.
Parmi les devoirs de Khuddamul Ahmadiyya, le plus important est d’inculquer un esprit de patriotisme chez ses membres. Ce mot, « peuple », a malheureusement acquis une connotation négative à notre époque, à tel point que Hazrat Khalifatul-Masih I (ra) en était irrité chaque fois qu’il l’entendait. Si quelqu’un disait « Notre peuple » dans une conversation, Hazrat Khalifatul-Masih I (ra) demandait : « Que veux-tu dire par « mon peuple » ? Tu devrais plutôt dire « notre religion ». »
En réalité, ce mot, tout en dénotant une distinction raciale, peut aussi indiquer une distinction religieuse. Ainsi, le Saint Coran lui-même en donne un exemple lorsqu’il déclare :
قَالَ ٱلرَّسُولُ يَـٰرَبِّ إِنَّ قَوْمِى ٱتَّخَذُوا۟ هَـٰذَا ٱلْقُرْءَانَ مَهْجُورً ا
« Et le Messager dira : ‘Ô mon Seigneur, mon peuple a vraiment pris ce Coran comme une chose délaissée.’ «
(Sourate Al-Furqan, 25:31)
L’objection de Hazrat Khalifatul-Masih I (ra) envers ce mot était due à son mauvais usage. Lorsqu’un mot est mal utilisé publiquement, il est nécessaire de faire preuve de prudence. Lorsque le mot « peuple » commence à être utilisé pour désigner un groupe politique ou racial, sans être associé à un groupe religieux, il devient effectivement problématique. En effet, l’objectif de l’Islam est d’éradiquer les tribus raciales, politiques et économiques, et de promouvoir un enseignement commun de fraternité parmi l’humanité. Par conséquent, si ce mot est abandonné pendant un certain temps en raison de son usage incorrect, cela n’est pas contestable, bien que ce mot – dans son sens large – ne soit pas un terme négatif.
Ainsi, Khuddamul Ahmadiyya doit garder à l’esprit que parmi ses principes fondamentaux figure l’établissement d’un esprit patriotique national. Dans mon discours lors de la Jalsa cette année, j’ai expliqué que la première tâche de la prophétie était d’établir un esprit patriotique. Ainsi, l’objectif principal de la shariah de Hazrat Adam (as) était de créer un esprit national au sein de son peuple.
À cette époque, les gens n’étaient pas conscients du péché, et les nombreux chemins menant à la vertu ne leur étaient pas encore ouverts. Dans un tel moment de l’histoire, le but de la prophétie de Hazrat Adam (as) était de perfectionner l’esprit de coopération nationale – un esprit qui, dans une certaine mesure, avait déjà été éveillé. Sous cet angle, nous pouvons dire que l’esprit de patriotisme est la leçon que nous a transmise notre premier père spirituel, et la première révélation qu’Allah l’Exalté a envoyée concernait précisément l’établissement d’un esprit national :
یَآ ءَادَمُ ٱسْكُنْ أَنتَ وَزَوْجُكَ ٱلْجَنَّةَ
« Ô Adam, toi et ton épouse, habitez le Jardin. »
(Sourate Al-A’raf, 7:20)
Cela signifie : habitez ensemble en coopération et ne vous battez pas les uns contre les autres. Le mot زَوْج (zauj) fait référence à une épouse, mais peut également désigner un compagnon.
Là où ce mot est apparu dans les révélations du Messie Promis (as) avec des connotations désignant une épouse, il est également apparu avec des connotations désignant une communauté. Les révélations du Messie Promis (as) constituent, en réalité, un commentaire du Saint Coran, et les significations des mots coraniques qui étaient cachées à notre époque ont été révélées par Allah l’Exalté à travers leur utilisation dans les révélations du Messie Promis (as). Quiconque étudie les révélations du Messie Promis (as) élargira sa compréhension de l’exégèse du Saint Coran.
Dans les révélations du Messie Promis (as), le mot زَوْج (zauj) a été utilisé dans les deux contextes : parfois pour désigner une épouse et, dans d’autres cas, pour désigner une communauté sincère. En comprenant la différence dans les significations du mot zauj, si on l’applique à ce verset, des significations plus profondes sont dévoilées.
Ainsi, le verset « Ô Adam, toi et ton épouse, habitez le Jardin » peut signifier qu’Adam et son épouse doivent demeurer au paradis. Cependant, il peut également signifier qu’Adam et sa communauté sincère doivent vivre en un lieu avec coopération et harmonie.
La signification de la coopération est tirée du mot jardin (paradis). La signification du paradis présentée par l’Islam est que les griefs et les inimitiés soient enlevés du cœur. Par conséquent, là où il est commandé de demeurer dans le paradis, cela peut signifier que vous devez établir des attributs célestes dans vos vies et vivre en harmonie ; éviter les disputes et les injures mutuelles ; promouvoir le Nizam (système) de la Jama’at et subordonner votre individualité. En réalité, sans cela, il ne peut jamais y avoir de véritable coopération.
Pour une véritable coopération, il est essentiel que chacun sacrifie une partie de sa liberté individuelle. Si deux individus marchent côte à côte, l’un étant rapide et l’autre faible, la seule façon pour eux de marcher ensemble est que celui qui marche plus vite réduise son allure pour correspondre à celle de son compagnon, car celui qui est faible ne peut pas accélérer son rythme. Si une personne âgée marchant avec une canne est accompagnée d’un jeune homme, et que la personne âgée espère que le jeune ralentira, tandis que le jeune espère que l’âgé accélérera, vous pouvez comprendre quel souhait sera considéré comme raisonnable. En effet, celui de la personne âgée, car même si elle souhaite marcher plus vite, elle en est incapable. Cependant, le jeune homme peut marcher plus lentement et, s’il le désire, ralentir son allure pour accompagner l’aîné.
Ainsi, la suggestion raisonnable est celle qui peut être mise en œuvre. Si le jeune homme exige que l’âgé marche plus vite pour correspondre à son rythme, cette exigence serait jugée insensée, car il est impossible pour l’âgé de marcher plus vite. Toutefois, le jeune homme peut choisir de marcher plus lentement, bien qu’il ait la capacité de marcher plus rapidement. S’il le fait, il impose une restriction sur sa propre liberté. Dieu lui a donné la capacité de marcher quatre ou cinq miles ( 9 ou 10 km) en une heure, mais comme son compagnon est âgé et ne peut parcourir qu’un mile (3 km) à peine, il ajuste son rythme à celui-ci. Marcher plus lentement pour lui n’est pas une incapacité, mais un choix délibéré pour accompagner son compagnon âgé.
En effet, c’est là la véritable coopération : une personne possède des capacités, une liberté, un statut et de la richesse, mais choisit de se restreindre à cet égard—elle dispose de l’argent, mais choisit de limiter ses dépenses ou de les utiliser pour autrui. La similitude de ne pas dépenser malgré la disponibilité des moyens est comparable au jeûne, tandis que celle de dépenser pour les autres est comparable à la charité. Pendant le jeûne, une personne dépense moins.
Un riche [par le biais du jeûne] se met dans la peau d’un pauvre. En réalité, le but du Suhoor est qu’une personne mange en se cachant des autres et, lorsqu’elle se présente devant eux, les signes de faim et de pauvreté soient visibles sur son visage. Ainsi, ceux qui disposent de nourriture et ceux qui n’en ont pas se ressemblent tous. Une personne mange ce qu’elle peut au moment du Suhoor et, lorsqu’elle rencontre d’autres personnes, chacun exhibe des signes de pauvreté sur son visage.
Cela se produit également au moment du Hajj. Il est ordonné à tous d’envelopper un drap autour d’eux. Ainsi, toute ostentation vestimentaire, comme celle que l’on affiche à travers un manteau, une chemise, des gilets, etc., est éliminée.
De plus, il n’est pas permis d’avoir de couture sur le vêtement — en réalité, toute la mode découle de la manière dont les vêtements sont cousus. Il est uniquement permis de porter un simple drap, et cela est commandé à tous.
De la même manière, notre Shariah a adopté ces deux approches : d’une part, il est dit que l’on doit dépenser moins, et d’autre part, qu’il faut dépenser davantage pour les autres. Une personne, bien que possédant de la richesse, renonce à l’utiliser pour elle-même afin de ressembler à son frère plus pauvre. Ou bien, une personne peut posséder un bien, mais Dieu Tout-Puissant commande de le donner à quelqu’un d’autre — c’est ce qu’on appelle l’esprit national. En d’autres termes, une personne doit limiter et restreindre ses capacités et ressources personnelles. Le sommet de cet esprit national est que l’individu développe en lui-même la compréhension que, chaque fois que l’intérêt individuel entre en conflit avec l’intérêt national, il doit prioriser l’intérêt national et renoncer au sien.
Lorsque cet esprit est établi au sein d’une nation, elle ne peut jamais être vaincue.
Nous avons l’exemple des nobles Compagnons (ra) devant nous. Tout ce que les Compagnons (ra) sacrifiaient pour le Saint Prophète (saw) l’étaient, en réalité, pour l’Islam. C’est parce qu’ils considéraient le Saint Prophète (saw) comme l’incarnation complète de l’Islam et, pour lui, ils renonçaient complètement à leurs propres intérêts.
Cet esprit est fortement renforcé au sein des communautés religieuses. La vérité est que, lorsque cet esprit prend forme dans des nations mondaines, elles réalisent de grands progrès. De nos jours, on observe qu’en Angleterre, et même en Inde, la question du rôle des femmes est régulièrement débattue. De grands penseurs abordent constamment ce sujet. Personne n’ose dire que le rôle d’une femme est de se confiner à son foyer. Si quelqu’un dit cela, alors, d’une part, les femmes s’opposeront à lui, affirmant qu’il est un ennemi de leur liberté, et, d’autre part, les hommes dans les médias le qualifieront d’incivilisé.
Cependant, en Allemagne, Hitler a déclaré que le rôle des femmes est de rester à la maison, et tout le monde a accepté son point de vue. Une idée que personne n’ose exprimer en Inde, un pays colonisé, a été librement exprimée dans un État souverain, et elle a été acceptée sans plainte. Cela, malgré le fait que cette idée est presque incompréhensible en Europe : comment peut-on exiger d’une femme qu’elle reste confinée chez elle ? Pourtant, Hitler l’a ordonné, et tous l’ont accepté et s’y sont conformés. Il est possible qu’un groupe de personnes n’ait pas accepté cette idée de tout cœur, mais elles n’avaient pas le courage de s’y opposer.
Dans les grandes villes de notre pays, telles que Lahore, Delhi, Shimla, etc., des voix s’élèvent régulièrement pour plaider en faveur de l’égalité des femmes. Bien que tout le monde soit en faveur de l’égalité, personne ne demande ce que signifie réellement cette égalité. Hazrat Khalifatul-Masih I (ra) racontait qu’une fois, alors qu’il résidait à Jammu, un juge avait commencé à débattre de cette question avec lui, affirmant qu’il devait y avoir égalité entre les hommes et les femmes. Hazrat Khalifatul-Masih I (ra) lui répondit :
« La dernière fois, votre femme a eu un fils. Cette fois-ci, c’est à vous de donner naissance à un enfant ! »
En entendant cette réponse, le juge répliqua :
« J’avais entendu dire que les Maulvis sont malpolis, mais je ne m’attendais pas à cela de votre part. Cependant, je réalise maintenant que vous êtes pareil aux autres. »
Hazrat Khalifatul-Masih I (ra) répondit alors :
« Ce n’est pas une question d’impolitesse. J’ai mentionné cela comme exemple pour expliquer que lorsque la nature a créé les hommes et les femmes pour des fonctions distinctes, alors pourquoi poser la question de l’égalité ? »
C’était effectivement la vérité, mais elle fut présentée de manière si directe qu’il la trouva blessante. Peut-être que Hazrat Khalifatul-Masih I (ra), connaissant sa condition, n’avait pas d’autre option que de répondre ainsi.
La vérité est qu’il existe certainement une égalité, mais les rôles sont distincts [pour les hommes et les femmes]. Personne n’a le courage de présenter cette vérité en raison d’un manque d’esprit national. Si c’est un sacrifice pour les femmes de rester à la maison, cela est équilibré par le fait que les hommes perdent leur vie sur le champ de bataille. Mais comme l’esprit national fait défaut, personne n’ose présenter cette idée.
Ainsi, Khuddamul Ahmadiyya devrait inclure dans leurs programmes la création et le développement d’un esprit national comme une priorité absolue.
En principe, un engagement devrait être pris par chacun et régulièrement répété. Une simple déclaration n’est pas suffisante, car la répétition est extrêmement importante. Aujourd’hui, les psychologues insistent fortement sur le fait que répéter quelque chose permet de l’intégrer profondément dans l’esprit. Cependant, lorsque je lis cela, je suis émerveillé de voir comment l’Islam avait déjà présenté cette vérité il y a 1400 ans. L’Islam a exprimé l’essence de la religion en très peu de mots. Qu’est-ce que لَا إِلَـٰهَ إِلَّا ٱللَّهُ مُحَمَّدٌ رَّسُولُ ٱللَّهِ ? C’est l’essence même de l’enseignement islamique.
Lorsque je vois cette question abordée dans le domaine de la psychologie, je suis surpris que ces recherches n’aient lieu que maintenant. Ce qu’Hitler dit aujourd’hui, Muhammad, le Prophète d’Allah (saw), l’a expliqué il y a 1400 ans. Dans son livre, Hitler écrit qu’il a porté une grande attention aux moyens de succès d’une nation et a finalement conclu que les moyens de progrès national devraient être expliqués en aussi peu de mots que possible, lesquels devraient ensuite être répétés devant les gens, et les gens devraient continuer à les répéter. De tels mots finissent par être absorbés dans l’esprit des gens.
Cependant, cela existe déjà dans l’Islam. Qu’est-ce que لَا إِلَـٰهَ إِلَّا ٱللَّهُ مُحَمَّدٌ رَّسُولُ ٱللَّهِ ? C’est l’essence des enseignements de l’Islam. Il est ordonné de le répéter pendant les prières, lors de l’Azan, et aussi en entrant dans le cercle de l’Islam. Ainsi, ce qui est souvent répété devient profondément gravé dans l’esprit.
Ainsi, Khuddamul Ahmadiyya devrait également s’efforcer de présenter cet engagement en aussi peu de mots que possible et, lors de chaque réunion, continuer à le répéter. Par exemple, une phrase pourrait être ajoutée comme : « Je ne me soucierai pas de ma propre vie devant les intérêts de l’Islam et de la nation. » Chaque personne, une par une, devrait répéter ces mots avant que le travail ne commence. De même, lorsque la réunion se termine, ces mots devraient être répétés à nouveau, afin que cet engagement soit profondément ancré dans l’esprit.
Certains individus peu instruits supposent que le simple fait d’intégrer quelque chose dans les règles suffit, et que cela entrera automatiquement dans le cœur des gens. Cependant, cela est totalement contraire à la nature humaine. Si c’était le cas, quelle serait alors la sagesse derrière l’instruction selon laquelle l’essence des enseignements islamiques doit être constamment répétée ? Par conséquent, une phrase doit être formulée et des dispositions doivent être prises pour que cette phrase soit répétée encore et encore. Par exemple, la phrase pourrait être : « À la lumière des besoins de la Jama’at et de la nation, je ne me soucierai pas de ma propre vie, de ma richesse ou de quoi que ce soit d’autre. » Ensuite, des dispositions doivent être prises pour que cela soit régulièrement répété.
L’un des avantages de la répétition continue de telles phrases est qu’un changement s’opérera dans les tempéraments, au point que même l’élément de rébellion, qui peut parfois surgir chez des personnes loyales, n’aura pas l’occasion d’apparaître.
En raison du commandement de l’Islam selon lequel لَا إِلَـٰهَ إِلَّا ٱللَّهُ مُحَمَّدٌ رَّسُولُ ٱللَّهِ doit être régulièrement répété, aucun musulman n’a jamais déclaré qu’il ne croyait pas en Allah ou en le Prophète Muhammad (saw). Vous trouverez de nombreux musulmans qui diront qu’ils refusent de jeûner ou de prier, mais vous ne trouverez pas une personne qui se considère musulmane et qui refuse de croire en Dieu ou en le Saint Prophète (saw). Cela s’explique par le fait que l’enseignement sur le jeûne et la prière n’a pas été régulièrement répété devant eux. Cependant, لَا إِلَـٰهَ إِلَّا ٱللَّهُ مُحَمَّدٌ رَّسُولُ ٱللَّهِ leur a été récité de nombreuses fois.
Ainsi, Khuddamul Ahmadiyya doit utiliser tous les moyens possibles pour développer un sens de sacrifice de sa propre individualité au profit de l’esprit national. Pour ce faire, une phrase appropriée devrait être formulée, qui serait récitée avant et après les différentes tâches entreprises par Khuddamul Ahmadiyya, et des slogans devraient également être élaborés en conséquence. Cependant, il est essentiel de garder à l’esprit qu’un esprit national ne peut être détaché de l’Unicité de Dieu. Par conséquent, une telle phrase doit inclure une expression de foi en l’Unicité de Dieu et en la véracité du Saint Prophète (saw). De plus, cette phrase doit être concise et des dispositions doivent être prises pour qu’elle soit récitée à chaque occasion.
Ensuite, chaque fois qu’il y a un appel pour une cause de la Jama’at, il faudrait surveiller la participation des jeunes. Chacun devrait travailler dans son propre domaine, et un rapport collectif devrait être établi pour savoir ce qui a été accompli. De cette manière, un esprit de travail est cultivé, et ceux qui se montrent négligents sont également incités à participer.
Le deuxième élément que La Khuddamul Ahmadiyya devrait inclure dans ses programmes est de fournir une familiarité avec les enseignements islamiques. Il s’agit d’une organisation religieuse, non politique, et c’est donc là son principal programme. Les autres questions sont simplement adoptées ou suspendues en fonction des besoins du moment.
Notre véritable programme est celui qui se trouve dans le Saint Coran. Que ce soit Lajna Imaillah, Majlis Ansarullah, Majlis Khuddamul Ahmadiyya, la Ligue nationale ou toute autre organisation que nous établissons, son programme principal sera celui du Saint Coran. Lorsque chaque Ahmadi comprend que toutes les orientations sont énoncées dans le Saint Coran et qu’aucune d’elles ne présente de lacunes, comment pourrait-il y avoir un autre programme que celui-ci ? Voilà le véritable programme, et c’est à partir de celui-ci que divers éléments sont adoptés en fonction des besoins et des situations de l’époque.
Lorsqu’il est temps de jeûner, cela ne signifie pas que le Hajj a été annulé, mais simplement que, pendant ces jours, la pratique du jeûne est observée en raison des circonstances particulières.
Ainsi, lorsque nous proposons une certaine initiative, cela signifie qu’à ce moment-là, un certain mal s’est développé, et nous mettons en œuvre une prescription coranique particulière. Cela ne sera possible que si un programme complet est présenté à tous et que des directives en sont tirées conformément aux circonstances. Cependant, si tout le programme n’est pas respecté, un problème qui surviendra est que seules certaines questions seront considérées comme faisant partie de la religion.
Par conséquent, il est de la responsabilité fondamentale du Khuddamul Ahmadiyya de prendre des dispositions pour l’enseignement et l’étude du Saint Coran pour ses membres. Étant donné qu’ils sont le Khuddamul Ahmadiyya, et que leur existence ne se limite pas à leur propre service, il devrait faire partie de leur programme de faire prévaloir l’enseignement du Saint Coran au sein de la Jama’at.
Le troisième point qui devrait faire partie du programme de Khuddamul Ahmadiyya est de supprimer l’habitude de l’oisiveté. L’oisiveté est une habitude qui se développe dans l’enfance et constitue la cause de tous les maux. La responsabilité principale de ce problème incombe aux parents et aux enseignants. En raison de leur négligence, les enfants tombent dans cette habitude. Observez comment le Saint Prophète (paix et bénédictions de Dieu sur lui) a essayé d’éradiquer cela, au point qu’il a ordonné que, lorsqu’un enfant naît, l’Azan et le Takbir soient récités à son oreille. Par ce geste, il a enseigné que l’éducation morale d’un enfant devait commencer dès sa naissance. Le Saint Prophète (paix et bénédictions de Dieu sur lui) a dit que les enfants devaient être amenés à la mosquée et aux lieux où sont offertes les prières de l’Eid. Cela faisait également partie de sa propre pratique.
De nos jours, la situation est telle que même si un garçon de dix-sept ou dix-huit ans fait quelque chose d’inapproprié, ses parents disent : « Ce n’est qu’un enfant. » Cependant, d’un autre côté, nous voyons que Hazrat Abbas (ra) rapportait des Ahadith alors qu’il n’avait que treize ans !
Imam Shafi’i (rh) est allé écouter un Dars d’Imam Malik (rh). Pour assister à son Dars, il était essentiel qu’un étudiant soit muni d’un stylo et d’un encrier pour noter ce qui était dit. Imam Shafi’i, à l’époque, n’avait que neuf ans. Imam Malik (rh) l’a vu assis et lui a demandé : « Enfant, pourquoi es-tu assis ici ? » Imam Shafi’i a répondu qu’il était venu pour la leçon. Imam Malik (rh) lui a demandé ce qu’il avait étudié jusqu’à présent. Il a décrit ce qu’il avait appris. Imam Malik a dit que l’enfant avait acquis beaucoup de connaissances, mais que ce n’était pas l’étiquette appropriée de s’asseoir à sa leçon sans stylo ni encrier. Imam Shafi’i a répondu : « J’ai assisté à votre leçon hier aussi et, si vous le souhaitez, vous pouvez m’évaluer par rapport aux autres étudiants. »
Imam Malik lui posa une question, et il donna la réponse correcte. Il était de la pratique d’Imam Malik (rh) d’écouter le résumé de sa conférence de la veille de la part de ses étudiants et, s’il y avait une erreur, il la corrigeait. Ce jour-là, lorsqu’il commença à écouter les notes des autres étudiants, Imam Shafi’i (rh) intervenait chaque fois qu’un point était incorrect. Il mettait en lumière comment le sujet avait été mal compris et expliquait quelle était la véritable discussion abordée la veille par Imam Malik (rh). Par conséquent, Imam Malik (rh) lui donna la permission d’assister à ses cours sans stylo ni encrier, contrairement aux autres étudiants qui n’avaient pas ce privilège.
Pourquoi cela était-il ainsi ? C’était parce que les parents d’Imam Shafi’i (rh), dès son plus jeune âge, avaient inculqué en lui l’intérêt pour la quête du savoir. Cependant, dans notre société, notre « enfance » ne nous quitte même pas à l’âge de dix-huit ou vingt ans. En réalité, dans notre pays, il semble n’y avoir que deux âges : celui où une personne est considérée comme un enfant, et celui où elle est jugée trop vieille et inutile. De cette manière, l’âge de travailler ne survient jamais.
Un jour, une femme d’environ soixante-cinq ans est venue me voir. Elle me parlait et répétait souvent : « Ayez pitié de nous, les orphelins. » Cela s’est produit il y a environ cinq ou sept ans, et à l’époque, elle devait avoir environ soixante-cinq ans. C’est comme si, dans ce pays, une personne était soit un simple enfant, soit un vieillard décrépit — également connu sous le nom de satra-bahatra [vieux sénile] en punjabi.
C’est une grave erreur de considérer les enfants comme trop jeunes et de les laisser paresser. Si on fait travailler les enfants de manière appropriée, ils ne pourront jamais s’habituer à l’oisiveté. Si, au lieu de leur permettre de flâner dans les rues et les bazars, on les fait asseoir dans des rassemblements utiles, ils peuvent apprendre énormément.
Je n’ai pas eu de véritable éducation formelle. Cependant, je participais régulièrement aux rassemblements du Messie Promis (as). J’assistais aux discussions de Hazrat Khalifatul-Masih Ier (ra). Je jouais aussi — j’aimais la chasse et je jouais au football. Mais je ne flânais pas inutilement dans les rues. Au lieu de cela, j’utilisais ce temps pour assister à divers rassemblements, et en conséquence, par la grâce d’Allah, j’ai acquis plus de connaissances que ceux qui avaient étudié de grands livres. Le savoir ne s’acquiert pas en transportant un tas de livres comme des ânes. En renonçant à l’oisiveté, on acquiert du savoir et l’esprit s’affûte.
Par conséquent, les enseignants, les responsables académiques et La Khuddamul Ahmadiyya ont la responsabilité d’éliminer l’oisiveté chez les enfants. C’est en raison de cette oisiveté que nous dirigeons les prières dans la mosquée, et pourtant, des enfants dans la rue profèrent un langage obscène. S’ils n’accomplissent pas les prières, ils sont coupables deux fois, et s’ils les accomplissent, alors ce péché (utiliser un langage obscène) est déjà assez grave en lui-même. Ils jurent sans honte à propos des mères et des sœurs, et aucune personne pudique ne pense à les arrêter. Les enfants qui jouent devant la mosquée Mubarak sont, à 90 ou 95 %, des enfants ahmadis. Il y a peut-être quelques non-ahmadis parmi eux, mais j’ai entendu de mes propres oreilles des enfants ahmadis utiliser un langage obscène, et pourtant leurs parents et leurs enseignants ne se soucient pas de faire quoi que ce soit pour les corriger.
J’ai également observé que les étudiants de la Madrassa Ahmadiyya passent dans les rues en chantant, bien que cela soit un comportement extrêmement indigne. Cela signifie que leur sens de la pudeur et de la modestie, qui fait partie de la foi, les a quittés. De plus, j’ai aussi vu des garçons marcher main dans la main, ou avec leurs bras autour des épaules les uns des autres, alors que tout cela est indigne. Je me souviens que j’avais un ami durant mon enfance, et une fois, nous étions assis main dans la main lorsque Hazrat Khalifatul-Masih Ier (ra) nous a vus. Il me respectait beaucoup et, par conséquent, il ne m’a rien dit, mais il a sévèrement réprimandé mon ami, et ainsi, j’ai également compris la leçon.
Il existe un dicton dans notre pays qui dit : « Je parle à ma fille, mais la véritable personne à qui je veux faire passer mon message est ma belle-fille. » De la même manière, Hazrat Khalifatul-Masih Ier (ra) a réprimandé mon ami, mais j’ai appris que ce comportement était incorrect.
J’ai remarqué qu’aucune attention n’est portée à l’enseignement des bonnes manières islamiques à la jeunesse. Les jeunes marchent avec désinvolture, les bras autour des épaules des autres, au point qu’ils ne ressentent aucune hésitation à le faire même devant moi. Ils ne réalisent pas que cela est inapproprié. Leurs parents et leurs enseignants n’ont jamais porté attention à leur réforme, bien que de telles choses laissent une empreinte profonde dans une vie.
J’ai remarqué que les conseils donnés par certaines personnes m’influencent encore aujourd’hui, et lorsque je me souviens de ces moments, une prière sincère monte du fond de mon cœur pour eux. Une fois, alors que je me tenais avec mon coude sur l’épaule de quelqu’un, Maître Qadir Bakhsh Sahib (ra), qui était le père de Maulvi Abdul Raheem Sahib Dard (ra), m’a arrêté et m’a dit que cela était une mauvaise habitude. J’avais environ douze ou treize ans à l’époque, mais chaque fois que je me souviens de cela, une prière sincère surgit pour lui du plus profond de mon cœur.
De la même manière, il y avait un officier provincial qui était originaire de Muradabad. Je me souviens encore de quelque chose qu’il m’a enseignée. Comme ma mère est originaire de Delhi, et que là-bas, tout comme à Lucknow, on utilise le mot tum [toi, dans un sens informel] pour s’adresser à quelqu’un, j’utilisais ce mot jusqu’à mes dix ou onze ans. Bien sûr, ils s’adressent aux personnes âgées avec le mot aap [vous, dans un sens respectueux], mais comme les parents âgés de ma mère n’étaient pas présents à Qadian pour nous apprendre l’utilisation du mot aap, jusqu’à cet âge, j’utilisais le mot tum pour m’adresser au Messie Promis (as)—que Dieu lui pardonne et élève son rang.
L’officier provincial Muhammad Ayyub Khan Sahib (ra), originaire de Muradabad, m’a enseigné une leçon à ce sujet. Lors d’une affaire déposée contre le Messie Promis (as), nous avons dû voyager à Gurdaspur. Là-bas, en parlant, j’ai adressé le Messie Promis (as) en utilisant le mot tum. Subedar Sahib m’a pris à part et m’a dit : « Tu es le fils du Messie Promis (as) et, pour nous, tu es des plus respectables. Cependant, tu devrais garder à l’esprit que le mot tum est utilisé pour ceux qui sont égaux à soi ; pas pour ceux qui sont saints. Je ne peux tolérer qu’il soit utilisé pour le Messie Promis (as). » Ce fut la première leçon qu’il m’a enseignée à ce sujet.
Par conséquent, il incombe aux aînés d’enseigner ces bonnes manières aux plus jeunes. Si une seule personne prêche, cela n’a aucun effet. Les enfants pensent qu’une telle personne est simplement obstinée et qu’elle a l’habitude de dire des choses inutilement. Si le père dit quelque chose mais que la mère ne le fait pas, les enfants pensent que le père exagère : « Si c’était une si bonne chose, pourquoi notre mère ne le dirait-elle pas ? » Si les parents insistent sur une chose et que l’enseignant ne le fait pas, les enfants pensent que si c’était si important, pourquoi leur enseignant ne le dirait-il pas ? Si l’enseignant insiste également sur un point mais que personne d’autre n’en parle, ils penseront que si c’était si important, d’autres en parleraient sûrement aussi. Cependant, si les parents attirent l’attention sur quelque chose, les enseignants aussi, et que d’autres continuent de le souligner, cela finit par s’ancrer dans l’esprit des enfants.
Un comportement mineur considéré comme une bonne manière est d’écouter le sermon avec attention, et j’ai attiré l’attention sur ce point à plusieurs reprises. Cependant, j’ai vu que les gens continuent à parler et à faire des gestes entre eux, et qu’aucun enseignant ni aucune autre personne n’exerce une pression morale qui pourrait entraîner une quelconque réforme. Le résultat est que cette pratique continue indéfiniment. Une fois, alors que je prononçais le sermon du vendredi, j’ai vu une personne faire des signes à son ami, qui était arrivé en retard, pendant environ quinze minutes, lui indiquant de venir vers l’avant.
Si cette personne, dans son enfance, avait été éduquée par ses parents, ses enseignants ou d’autres personnes pour comprendre que cela n’était pas permis, et qu’il n’y avait aucune question de guider quelqu’un vers de bonnes actions tout en mettant en doute sa propre conduite, alors il n’aurait pas commis ce péché. Il agissait par un fort désir que son ami avance pour écouter le sermon. Cependant, son ami ne bougeait pas à cause de l’embarras. Si cette question avait été traitée dans son enfance, il n’aurait jamais levé les yeux vers quelqu’un d’autre pendant le sermon et, par conséquent, il n’aurait pas été question de faire des gestes à quelqu’un. Il n’aurait pas agi de manière incorrecte tout en essayant d’aider quelqu’un à accomplir une bonne action.
Ces questions sont liées à la Tarbiyyat — elles aident à éliminer l’habitude de l’oisiveté. Un enfant doit être occupé en permanence. Je considère les sports comme du travail, ce n’est pas de l’oisiveté. À mon avis, flâner signifie s’asseoir inutilement sans rien faire ou errer sans but dans les rues.
Il convient de garder particulièrement à l’esprit que les enfants doivent soit étudier, jouer, manger ou dormir. Le sport n’est pas une forme d’oisiveté. Ainsi, même si les enfants jouent pendant dix heures, laissez-les faire. Cela renforcera leur physique et les éloignera également de l’oisiveté. Par conséquent, jouer est une activité tout comme manger et dormir. Cependant, s’asseoir sans rien faire et parler sans réel but est une forme de flânerie.
Ainsi, La Khuddamul Ahmadiyya devrait s’efforcer d’empêcher cette habitude d’oisiveté de se développer chez les enfants de la Jama’at. Si un enfant est vu en train d’errer sans but, on devrait lui demander pourquoi il agit ainsi. S’il persiste, alors le Président de sa région devrait être informé, et des règles devraient être établies à ce sujet. J’ai remarqué que certaines personnes restent assises dans des boutiques et passent des heures à discuter de choses inutiles. Or, si ce temps était consacré au Tabligh (prédication), elles pourraient convertir de nombreuses personnes. Pourtant, elles gaspillent leur temps et, lorsqu’on leur demande de travailler, elles prétendent qu’elles n’ont pas le temps ! Si elles n’avaient vraiment pas de temps, comment peuvent-elles rester assises si longtemps dans des boutiques à discuter ?
Un autre moyen de réforme est de se réunir pour discuter de sujets académiques et religieux. Parler de manière excellente est également une compétence. Ces rassemblements devraient se concentrer sur des discussions académiques et religieuses, mais ne devraient pas dégénérer en débats. À mon avis, cela est une forme d’oisiveté et, plus que tout, cela souille les cœurs.
Le but de ceux qui débattent n’est pas d’atteindre la droiture, mais de faire taire l’autre. C’est pour cette raison que j’évite toujours les débats. En fait, c’est mon habitude que si quelqu’un me pose une question dans l’intention d’engager un débat, dès le départ, je réponds de manière à ce que certains pensent d’abord que je suis incapable de répondre ou que j’essaie d’éviter la question. Cependant, si une personne persiste, je considère approprié de répondre, et je peux répondre de manière à ce que la personne elle-même réalise son erreur. Gardez à l’esprit que la vérité n’a pas besoin de débat. J’ai toujours découragé cette pratique. Les clubs de débat, à mon avis, sont une forme d’oisiveté, et j’ai toujours interdit les gens de s’y engager. Cependant, le débat est maintenant si enraciné qu’il continue de prospérer, même s’il laisse une tache profonde sur le cœur. Si une personne refuse d’accepter un point de vue tout en continuant à présenter des preuves pour le soutenir, il est naturel que son cœur en soit souillé.
Je me souviens d’un incident qui prouve à quel point cela peut être destructeur pour la foi. Maulvi Muhammad Ahsan Sahib Amrohi (ra) a raconté un incident devant le Messie Promis (as). Il a expliqué que Maulvi Bashir Sahib, qui était autrefois un fervent partisan du Messie Promis (as), l’encourageait à lire Barahin-e-Ahmadiyya et disait que son auteur était un Mujaddid (Réformateur). Maulvi Muhammad Ahsan Sahib (ra) lui a proposé un débat :
« Je lui ai dit que, puisque tu es partisan, tu devrais étudier le point de vue opposé, et moi, étant opposant, j’étudierai les livres en faveur [du Messie Promis (as)]. Sept ou huit jours furent consacrés à cette étude, et nous avons tous deux lu nos livres. Le résultat fut que je suis devenu un partisan, et celui qui était proche du Messie Promis (as) s’est éloigné. »
Ainsi, l’un a compris la vérité, tandis que l’autre a continué à perdre sa foi.
Du point de vue psychologique, le débat est nuisible et peut parfois causer des dommages graves. Ces questions sont si complexes que tout le monde ne peut pas les comprendre. Récemment, un débat a eu lieu ici et une plainte m’a été adressée à ce sujet. Le sujet de discussion était de savoir si les élections en Inde devaient être conjointes ou séparées. Même si j’avais déjà exprimé mon avis à ce sujet, il est irrespectueux de débattre de ce sujet en sachant que j’ai donné un point de vue sur cette question.
Pour des sujets sur lesquels Dieu, Son Prophète ou un Khalifah ont exprimé un point de vue, les débattre équivaut à de la trahison et à de l’irrespect. Quelqu’un pourrait dire que ce n’est qu’un jeu, mais quelqu’un oserait-il frapper son propre père à la tête avec une chaussure simplement en guise de « jeu » ? Par conséquent, il n’y a pas de plus grande folie que d’organiser des débats.
Chaque Ahmadi accepte la mort de Jésus (as). Cependant, pour un débat, certains Ahmadis commencent à présenter des preuves montrant que Jésus est vivant. Tout ce que je dirais à une telle personne, c’est : « Ô personne sans vergogne, Dieu t’a accordé la foi, et pourtant tu souhaites te revêtir du manteau de l’incrédulité ? »
Ainsi, ces débats relèvent également de la catégorie de l’oisiveté. Si Dieu vous a accordé la capacité de croire en la vérité, alors montrez-en de la gratitude au lieu de la rejeter inutilement. Certains ignorants disent que cela améliore les capacités intellectuelles. Cependant, que ferez-vous d’une telle intelligence qui vous fait perdre la foi ? Il faut comparer les deux résultats. Si une personne acquiert l’intellect de l’ensemble du monde mais perd ne serait-ce qu’une once de sa montagne de foi, alors à quoi sert une telle intelligence ? Cela ne donnera aucun bénéfice, mais entraînera plutôt une perte et une destruction.
Par conséquent, cette culture de débat fait également partie de l’oisiveté. Malgré le fait que j’ai interdit cette pratique à plusieurs reprises, elle continue de persister. Tout comme une personne souffrant de démangeaisons ne peut se reposer tant qu’elle ne s’est pas grattée, ces personnes ne peuvent être satisfaites tant qu’elles n’ont pas organisé un débat. En fait, des débats ont lieu même sur des questions religieuses. Pourtant, débattre des croyances dont nous acceptons la vérité, ou de celles sur lesquelles notre Jama’at a pris position, n’est rien d’autre qu’une oisiveté mentale et cela est très nuisible à la véritable intelligence.
J’ai mentionné cela des centaines de fois : plutôt que de débattre, il serait préférable que chacun aille étudier un sujet, puis se rassemble pour discuter des allégations soulevées par les opposants. Par exemple, si les allégations soulevées par Maulvi Sanaullah Sahib, Maulvi Ibrahim Sahib ou tout autre opposant de l’Ahmadiyyat sont présentées et que tout le monde y répond ensemble, et que celui qui a présenté l’allégation essaie également d’y répondre, ce serait très bénéfique. Cependant, cette méthode n’est pas adoptée. Au contraire, les débats sont considérés comme nécessaires, et l’on imite le style des Anglais, où l’on dit : « Voici ce que dit la Chambre. »
Ce mot, « Chambre » (House), était entré dans notre Majlis-e-Shurah, mais je m’y suis opposé. Par conséquent, son utilisation a été supprimée de la Shurah. Cependant, il commence à se répandre dans les écoles. Je ne comprends pas en quoi l’utilisation de ce mot confère des ailes d’exaltation à la discussion. Pourquoi ne pas simplement dire : « La Jama’at est de cet avis » ? Sinon, cela reviendrait à dire que l’intellect ne trouve de plaisir que dans les royaumes de l’incrédulité.
Ainsi, il est de l’obligation du Khuddamul Ahmadiyya de stopper et d’éradiquer cette oisiveté, qu’elle soit intellectuelle ou physique. Jouer n’est pas une forme d’oisiveté. Une fois, j’ai été informé dans un rêve qu’une personne venait à moi et me disait qu’un autre individu perdait son temps en jouant à un sport. Je lui ai répondu dans mon rêve que ce n’était pas une perte de temps. Lorsque quelqu’un ne prend pas soin de ses facultés physiques, il ne peut pas participer pleinement au service religieux. Dans ce rêve, Allah l’Exalté m’a enseigné une leçon, car je n’accordais pas beaucoup d’attention à l’exercice physique.
L’exercice est donc aussi un travail. Le Messie Promis (as) faisait de l’exercice en utilisant des poids traditionnels (Moongriyan). Deux ans avant son décès, il m’a même dit de lui en trouver parce qu’il se sentait faible physiquement. J’en ai emprunté à quelqu’un, et il les a utilisés pendant quelques jours. Il m’a même montré que, lorsqu’ils sont utilisés d’une certaine manière, ils sont plus bénéfiques. Ainsi, faire de l’exercice fait partie des responsabilités d’une personne.
Cependant, errer sans but dans les rues, s’asseoir pour parler inutilement ou s’engager dans des débats est une forme d’oisiveté, et La Khuddamul Ahmadiyya a la responsabilité de l’arrêter. Si vous donnez des leçons au monde mais que vos propres enfants ahmadis errent sans but dans les rues, tous vos efforts seront vains. Par conséquent, c’est votre responsabilité de mettre fin à cela. Empêchez ceux qui s’assoient dans des boutiques et perdent leur temps. Si quelqu’un ne prête pas attention à vous, signalez-le à ses parents, à ses enseignants et aux responsables de sa région, en précisant que cette personne erre ou gaspille son temps.
Au début, les gens peuvent vous critiquer, vous insulter, et peut-être même dire : « Voilà l’armée de Dieu » ou, avec sarcasme : « Ces gens sont les seuls vrais ahmadis, nous ne sommes qu’ahmadis de nom. » Cependant, avec le temps, ils seront forcés de se réformer et ils finiront par vous adresser des prières. Comme je l’ai expliqué, je prie sincèrement pour les personnes qui ont contribué à ma formation morale et m’ont enseigné quelque chose de bon, chaque fois que je me souviens d’elles.
Ainsi, éliminer l’habitude de l’errance inutile fait partie des responsabilités du Khuddamul Ahmadiyya. Maintenant que l’heure est tardive, je discuterai des autres points à une prochaine occasion.
(Sermon du vendredi, 10 février 1939)