La période de l’instruction

L’époque à laquelle naquit Mirza Ghulam Ahmada.s. était marquée par un profond illétrisme, et l’intérêt pour l’éducation y était très limité. Sous le règne des Sikhs, recevoir une lettre d’un ami pouvait représenter un véritable défi : il fallait déployer de grands efforts et surmonter de multiples difficultés pour en obtenir la lecture. Il n’était pas rare que des correspondances restent non lues pendant de longues périodes. Même parmi les notables, l’analphabétisme était répandu.

Cependant, comme Dieu avait destiné le Messie Promisa.s. à une mission d’envergure, Il fit naître dans le cœur de son père le désir sincère de l’instruire, malgré ses nombreuses préoccupations d’ordre matériel. Ainsi, dans ce contexte d’ignorance généralisée, son père ne négligea pas d’offrir à ses enfants une éducation convenable.

Dès son enfance, un premier enseignant, nommé Fazal Ilahi, fut engagé pour lui enseigner le Saint Coran ainsi que quelques ouvrages en langue persane. Plus tard, vers l’âge de dix ans, un second enseignant, Fazal Ahmad — un homme pieux et vertueux, comme l’a lui-même rapporté le Messie Promisa.s.— fut chargé de son instruction. Cet enseignant faisait preuve d’un grand dévouement et d’une affection sincère envers ses élèves, leur enseignant notamment la grammaire et la syntaxe.

À l’âge de dix-sept ou dix-huit ans, un nouveau professeur, Maulvi Gul Ali Shah, fut engagé. Avec lui, Mirza Ghulam Ahmada.s. étudia quelques ouvrages de grammaire, de logique et de philosophie. Par ailleurs, il apprit aussi quelques rudiments de médecine auprès de son père, qui était un praticien expérimenté dans la médecine traditionnelle.

Cette instruction, bien qu’honorable pour son époque, demeurait modeste au regard de la haute mission qui lui était destinée. D’ailleurs, plusieurs de ses condisciples, qui avaient reçu la même éducation auprès des mêmes enseignants, ne dépassèrent guère le niveau d’hommes simplement lettrés. Quant à ses professeurs, ils étaient eux-mêmes loin d’être des érudits de grande renommée. À cette époque, le savoir était rare, et l’on considérait comme un « grand savant » quiconque avait étudié quelques livres en persan et en arabe.

Ainsi, les conditions dans lesquelles le Messie Promisa.s. reçut son instruction ne pouvaient, à elles seules, le préparer à la mission exceptionnelle à laquelle il était destiné. Toutefois, cette formation lui permit d’acquérir une bonne maîtrise du persan, une compréhension de base de l’arabe, et la capacité de lire dans ces deux langues.

Il ne reçut aucune formation religieuse formelle auprès d’un quelconque établissement ou d’un grand érudit. Néanmoins, Mirza Ghulam Ahmada.s. nourrissait une passion profonde pour la lecture et passait de longues heures plongé dans les ouvrages de la bibliothèque de son père. Celui-ci devait parfois l’en détourner pour préserver sa santé et l’impliquer davantage dans les affaires familiales et mondaines.