Dès la publication de cette annonce, une agitation éclata dans toute l’Inde, accompagnée d’une opposition si intense qu’elle en devint presque insoutenable. Les mêmes érudits religieux qui soutenaient autrefois Hazrat Mirza Ghulam Ahmada.s. se dressèrent désormais contre lui.
Maulvi Muhammad Hussain Batalvi, qui avait auparavant écrit de puissants articles en faveur de Hazrat Mirza Ghulam Ahmada.s. dans son magazine Isha‘at-us-Sunnah, se retourna violemment contre lui. Il déclara : « C’est moi qui ai élevé cet homme, et maintenant c’est moi qui le ferai tomber. » Il estimait que c’était grâce à son soutien que Hazrat Mirza Ghulam Ahmada.s. avait gagné en notoriété, et qu’il mènerait une opposition si forte qu’elle compromettrait sa réputation aux yeux du public, le rendant impopulaire. Accompagné de plusieurs autres érudits religieux, Maulvi Muhammad Hussain se rendit également à Ludhiana.
Ces personnes lancèrent un défi pour un débat que le Messie Promisa.s. accepta. Cependant, durant le débat, la partie adverse engagea des controverses parfaitement inutiles, empêchant ainsi toute conclusion. Lorsque le Deputy Commissioner constata le tumulte grandissant et la situation de désordre imminent qui semblait se développer, il émit un ordre immédiat obligeant Maulvi Muhammad Hussain Batalvi à quitter Ludhiana le jour même.
À la suite de cet incident, et sur les conseils de sympathisants inquiets qu’un ordre similaire puisse être émis à son encontre, Hazrat Mirza Ghulam Ahmada.s. se rendit à Amritsar, où il séjourna pendant huit jours. Toutefois, après avoir vérifié auprès du magistrat du district, il fut confirmé qu’aucun ordre n’avait été émis contre lui. Dès lors, il retourna à Ludhiana, où il demeura environ une semaine, avant de regagner finalement Qadian.
Après avoir séjourné quelque temps à Qadian, il se rendit à Ludhiana, où il demeura un certain temps, avant de partir pour Delhi, qu’il rejoignit le matin du 28 septembre 1891. À cette époque, Delhi, considéré comme le centre intellectuel du sous-continent indien, était déjà le théâtre des efforts de ses opposants visant à susciter l’hostilité populaire à son encontre. À peine arrivé en ville, un vif tollé éclata parmi les oulémas (érudits), qui commencèrent à le provoquer en le défiant à un débat public avec Maulvi Nazeer Hussain, figure éminente du courant des Ahl-e-Hadith en Inde. La grande mosquée de Delhi fut désignée comme lieu du débat. Cependant, cette organisation fut décidée unilatéralement par ses adversaires, sans que le Messie Promisa.s. en fût informé.
À l’heure convenue, Hakim Abdul Majeed Khan, originaire de Delhi, se présenta en voiture pour inviter le Messie Promisa.s. à se rendre à la mosquée. Celui-ci répondit que, compte tenu des troubles actuels, il ne pouvait s’y rendre sans garanties de sécurité policière. Il ajouta également qu’il aurait dû être consulté au préalable afin que les modalités du débat soient convenues entre les parties. Cette réponse ne fit qu’exacerber la frénésie populaire.
Finalement, il publia un communiqué dans lequel il demandait à Maulvi Nazeer Hussain de déclarer, sous serment et publiquement à la grande mosquée de Delhi, que Jésusa.s., selon le Saint Coran, était toujours vivant et n’était pas encore mort. Il précisa que si, dans l’année suivant cette déclaration sous serment, aucun châtiment divin ne frappait ce dernier, alors le Messie Promisa.s. serait un menteur et brûlerait lui-même tous ses livres. Il fixa aussi une date pour cette déclaration.
Les disciples de Maulvi Nazeer Hussain furent profondément troublés par cette proposition et commencèrent à élever diverses objections, tandis que la population dans son ensemble demeurait insistante. Quel mal y aurait-il, se demandaient-ils, à ce que Maulvi Nazeer Hussain accepte la proposition du Messie Promisa.s. et affirme sous serment qu’elle est fausse ? Une foule nombreuse se rassembla à la grande mosquée le jour convenu. Il fut conseillé au Messie Promisa.s. de ne pas s’y rendre en raison d’un risque réel d’émeute. Malgré cela, il s’y rendit en cette occasion solennelle, accompagné de douze compagnons, tout comme Jésusa.s. avait été entouré de douze disciples, ce qui constitua également un signe. La majestueuse grande mosquée de Delhi était comble, remplie jusqu’à la dernière marche, à l’intérieur comme à l’extérieur. À travers cette foule agitée et farouche, aux regards empreints de haine, le Messie Promisa.s. et ses compagnons se frayèrent un chemin jusqu’au Mihrab, où ils prirent place.
Pour assurer le maintien de l’ordre, le commissaire divisionnaire, accompagné d’autres officiers et de près de cent agents, était présent. Nombreux étaient ceux dans la foule qui avaient ramassé des pierres et se tenaient prêts à les lancer sur lui et ses compagnons au moindre signe d’hostilité. Ainsi, le Second Messie était, à l’instar du Premier, la proie de la malveillance des Pharisiens et des scribes. Toutefois, au lieu d’être crucifié, la foule semblait déterminée à le lapider.
Cependant, ils échouèrent lors du débat. Ils refusèrent d’aborder la question de la mort de Jésusa.s. et aucun d’eux ne fut disposé à prêter le serment proposé. Ils empêchèrent même Maulvi Nazeer Hussain de s’y soumettre. Khawaja Muhammad Yousuf, avocat à Aligarh, rédigea une déclaration exposant les croyances du Messie Promisa.s. et proposa de la lire à voix haute. Cependant, les maulvis, qui avaient faussement affirmé devant la foule que le Messie Promisa.s. ne croyait ni au Saint Coran, ni aux Hadiths, ni au Saint Prophètes.a.w., craignaient que cette lecture ne mette à jour leurs mensonges. Ils haranguèrent de nouveau la foule, provoquant un tumulte, et Khawaja Muhammad Yousuf fut empêché de lire la déclaration.
L’officier de police, mesurant la gravité de la situation, ordonna aux agents de disperser la foule et déclara que le débat n’aurait pas lieu. La foule se dispersa peu à peu. La police forma un cercle protecteur autour du Messie Promisa.s. et l’escorta hors de la mosquée. À la porte, il fallut attendre quelques instants les voitures. Presque aussitôt, une foule hostile se rassembla et tenta d’agresser le Messie Promisa.s. et ses compagnons. À ce moment, les officiers de police placèrent le Messie Promisa.s. dans une voiture, la firent avancer, puis se chargèrent de disperser la foule.
Par la suite, les habitants de Delhi invitèrent Maulvi Muhammad Basheer de Bhopal, et un débat eut lieu entre lui et le Messie Promisa.s., dont un compte rendu détaillé a été publié et demeure accessible.
Quelque temps plus tard, le Messie Promisa.s. retourna à Qadian. Quelques mois s’écoulèrent, puis, en 1892, il entreprit un nouveau voyage. Il se rendit d’abord à Lahore, où il eut un débat avec Maulvi Abdul Hakeem de Kalanaur. De là, il poursuivit sa route vers Sialkot, puis Jalandhar, et enfin Ludhiana. Depuis Ludhiana, il regagna ensuite Qadian.
Par la suite, en 1893, il fut convenu qu’un débat aurait lieu avec les chrétiens, dont le représentant désigné était Abdullah Atham. Ce débat se déroula à Amritsar, dura quinze jours et fut publié sous le titre Jang-e-Muqaddas (« La Guerre Sainte »).
Dans ce débat également, comme cela avait toujours été le cas avec les adversaires de Mirza Ghulam Ahmada.s., les chrétiens furent mis en difficulté, ce qui eut un effet très bénéfique. Puisqu’il s’agissait d’un débat écrit, dans lequel les deux parties étaient assises face à face et répondaient point par point par écrit, ces échanges furent ensuite publiés sous forme de livre. On constate ainsi que le représentant chrétien était mis en difficulté par la puissance des arguments de Mirza Ghulam Ahmada.s.. Il changeait sans cesse de revendications et, à certains moments, les chrétiens eurent recours à un langage inapproprié et agressif.
Ce débat introduisit une nouvelle méthode en théologie : chaque partie devait fonder ses revendications et arguments sur ses propres textes reconnus.