L’argent fait tourner le monde.
Même si cette phrase semble matérialiste, elle contient un fond de vérité.
Les questions sur le lien entre richesse et bonheur ou si l’argent donne un sens à la vie sont un autre sujet. Cependant, il est indéniable que, comme la sécurité, la liberté ou les opportunités, les finances sont un besoin universel qui concerne tout le monde.
Mais ce besoin universel est-il également accessible à tous ?
Nous vivons dans un monde dominé par le capitalisme, un système basé principalement sur la recherche du profit. À première vue, ce modèle semble favoriser la croissance économique, mais comme l’a dit Adam Smith, philosophe du 18ᵉ siècle :
Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais de leur intérêt personnel.
À la fin du 20ᵉ siècle, presque tous les pays avaient adopté le capitalisme moderne, qui est devenu global au début du 21ᵉ siècle. Depuis, les politiques économiques des gouvernements s’appuient sur des idéologies capitalistes basées sur l’intérêt personnel. Pourtant, ce système présente une faille majeure : comme l’affirme un économiste du Fonds Monétaire International :
La croissance économique sous le capitalisme dépasse celle des autres systèmes, mais les inégalités restent l’un de ses aspects les plus controversés.
Que peut-il arriver si les dirigeants mondiaux continuent de créer des politiques économiques basées sur l’inégalité ?
La réponse est un signal d’alarme. Comme l’a dit Sa Sainteté Mirza Masroor Ahmad (aba), cinquième calife de la Communauté musulmane Ahmadiyya :
Le système capitaliste perd lentement de son prestige, et les gens réalisent qu’il contient des injustices et des risques inhérents.
Les statistiques le confirment : les 10 % les plus riches détiennent 52 % des revenus mondiaux et 76 % de la richesse globale, tandis que les 50 % les plus pauvres partagent 8 % des revenus et seulement 2 % de la richesse. Un sondage mondial montre que 56 % des gens pensent que le capitalisme actuel fait plus de mal que de bien.
L’alternative devient alors évidente, comme le dit Sa Sainteté (aba) :
Les pays européens et les autres grandes puissances ne doivent pas croire avec arrogance que leur système économique restera prééminent pour toujours. Au contraire, ils doivent veiller à ce que justice et égalité soutiennent le système financier mondial.
Depuis plus de deux décennies, Sa Sainteté (aba) exhorte les dirigeants mondiaux à adopter une philosophie économique fondée sur les enseignements islamiques. Cette philosophie ne vise pas à défendre une idéologie politique, mais à promouvoir le bien-être impartial de l’humanité. Il déclare :
La richesse d’une nation doit être utilisée pour garantir que chaque membre de la société ait accès à des services essentiels. Par exemple, l’islam enseigne que chaque enfant, quelle que soit son origine, doit recevoir une éducation adéquate pour devenir un membre qualifié et utile à la société. De même, d’autres services essentiels doivent être offerts à tous de manière égale.
Il insiste également sur l’équité dans le partage des richesses :
Les scientifiques, ingénieurs et experts qui découvrent et exploitent les ressources naturelles méritent une rémunération pour leurs efforts. Mais il est tout aussi essentiel que les employés ordinaires reçoivent leur juste part pour leur travail. Les gouvernements doivent s’assurer que ces travailleurs bénéficient de salaires adéquats et de bonnes conditions de travail, afin de réduire l’écart entre riches et pauvres.
L’une des grandes forces de la philosophie économique islamique, telle que présentée par Sa Sainteté (aba), réside dans la bonne répartition des ressources et le dépassement des intérêts égoïstes. Cela permet non seulement de renforcer l’économie locale, mais aussi de promouvoir l’unité au-delà des frontières. Selon l’ONU, 40 % des conflits internes au cours des 60 dernières années sont liés aux ressources naturelles. En suivant les enseignements islamiques, ce chiffre tomberait à zéro, car Sa Sainteté (aba) explique :
Le Coran enseigne que tout ce qui existe dans le monde a été créé pour le bien de l’humanité. Si une nation possède des ressources naturelles, elles doivent profiter à ses habitants, mais aussi servir à aider les autres pays dans le besoin, sans discrimination ni avidité.
La clairvoyance de Sa Sainteté (aba) sur l’économie mondiale est remarquable. Pendant la pandémie de COVID-19, il a écrit au Pape François :
On ne peut pas supposer qu’après la pandémie, tout se résoudra d’un coup. La crise économique causée par ce virus entraînera davantage de conflits et de divisions, à moins que des mesures justes ne soient prises rapidement.
Dans une lettre adressée à plusieurs dirigeants mondiaux, dont ceux des États-Unis, de la Chine, de la France, et du Canada, il a averti :
Si l’histoire nous enseigne quelque chose, c’est que lorsque les gouvernements privilégient égoïstement leurs propres intérêts au détriment de l’intérêt collectif, les conséquences sont catastrophiques. Cela mène à des guerres économiques et commerciales, puis à des conflits armés destructeurs. Avec toute humilité, je vous exhorte à élaborer des politiques basées sur la justice pour éviter d’aggraver la misère mondiale.
Sa Sainteté (aba) plaide pour une justice qui dépasse notre époque et prépare un avenir meilleur pour les générations à venir. Il conclut :
Toutes les puissances doivent respecter les exigences de la justice et dialoguer pour résoudre les problèmes mondiaux. Ces étapes sont nécessaires pour établir une paix durable.
Traduction : Faizan Zafar
Vérifiassion : Usama Abdal saheb