Le 1er août 1897, un missionnaire chrétien du nom de Dr. Martin Clark déposa contre lui une plainte pour tentative de meurtre devant le tribunal du district d’Amritsar, affirmant que Mirza Ghulam Ahmada.s. avait envoyé un homme nommé Abdul Hamid pour l’assassiner. Dans un premier temps, le commissaire adjoint lança un mandat d’arrêt contre lui, mais il se rendit ensuite compte que cela dépassait ses compétences, car l’affaire ne relevait pas de sa juridiction. L’affaire fut donc transférée au tribunal du district de Gurdaspur, devant M. W. Douglas, aujourd’hui retraité et résidant en Angleterre, après avoir exercé les fonctions de Commissaire en Chef des îles Andaman.
Abdul Hamid déclara devant lui également que c’était Mirza Ghulam Ahmad qui l’avait envoyé pour tuer le Dr. Martin Clark, et qu’il lui avait dit de le frapper avec une grosse pierre. Cependant, comme il y avait des incohérences entre cette déclaration et celle qu’il avait faite à Amritsar, le magistrat du district de Gurdaspur soupçonna une supercherie. Il ouvrit une enquête approfondie et, en seulement quatre audiences, l’affaire fut jugée et clôturée en vingt-sept jours. Bien que l’accusation ait été soutenue par une communauté chrétienne organisée, il rendit un verdict impartial en faveur du Messie Promisa.s. et le déclara complètement innocent. Il autorisa même ce dernier à porter plainte contre ses adversaires, mais le Messie Promisa.s. les pardonna et ne déposa aucun recours.
Dans sa décision, le magistrat du district écrivit : “Dès l’audition de sa déclaration, nous l’avons trouvée peu crédible, car elle différait de celle qu’il avait faite à Amritsar. Son apparence elle-même suscitait la méfiance. Par ailleurs, un autre élément nous a intrigués : plus il passait de temps avec les membres de la mission (chrétienne) à Batala, plus ses déclarations devenaient longues et détaillées. Par exemple, il fit une première déclaration le 12 août, puis une seconde le 13 août, contenant de nombreux éléments absents de la première. Cela nous fit suspecter qu’on lui soufflait ses propos ou qu’il savait des choses qu’il ne voulait pas révéler. Nous avons donc ordonné au commissaire divisionnaire, un officier européen, de le retirer de l’enceinte de la mission et de le placer sous sa garde, pour ensuite lui faire refaire sa déposition. »
Une fois extrait de l’influence des missionnaires et interrogé sans qu’aucune promesse d’amnistie ne lui soit faite, il se mit à pleurer, se jeta aux pieds de l’enquêteur et déclara :
« J’ai été contraint de dire tout cela sous la menace. J’étais désespéré au point d’envisager de me suicider. En vérité, tout ce que j’ai dit contre Mirza Ghulam Ahmad était le fruit d’un complot élaboré par Abdul Rahim, Warisuddin et Prem Das, avec la complicité des chrétiens, et c’est eux qui m’ont enseigné ce que je devais dire. Mirza Ghulam Ahmad ne m’a jamais envoyé, et je n’ai aucun lien avec lui. Chaque fois que j’éprouvais des difficultés à me souvenir d’un détail, ils me l’enseignaient le lendemain. Concernant le disciple de Mirza Ghulam Ahmad que j’avais mentionné comme étant celui censé m’offrir refuge après le meurtre, je ne connaissais même pas son visage ni son nom. Ce sont eux qui me l’ont appris et, de peur que je ne l’oublie, ils avaient écrit son nom sur ma paume au crayon pour que je le lise au bon moment. Et lorsqu’ils m’ont fait rédiger ma première déclaration contre Mirza Ghulam Ahmad, ils se sont réjouis en disant : « Maintenant, notre vœu est exaucé », c’est-à-dire : « Maintenant, nous allons le piéger. »
Tous ces détails furent consignés par le magistrat, qui prononça l’acquittement. Initialement, les opposants étaient si réjouis (par ce procès) qu’un avocat arya offrit gratuitement ses services pour soutenir les chrétiens dans l’affaire, et même des oulémas musulmans vinrent témoigner contre lui. En somme, chrétiens, hindous et musulmans s’unirent pour l’attaquer, employant même certains moyens illégitimes. Mais Allah L’Exalté donna au capitaine Douglas plus de courage et de droiture que Pilate lui-même. En toute occasion, il déclara qu’il ne pouvait agir avec malhonnêteté, et il ne fit pas comme Pilate, qui se lava les mains pour livrer le Messie aux mains de ses ennemis. Au contraire, il l’acquitta, démontrant ainsi la supériorité de l’Empire britannique par rapport à l’Empire romain.
C’est à cette même époque qu’il publia un avis intitulé « الصُّلْحُ خَیر » (As-Sulḥu Khayr) – La réconciliation est meilleure – dans lequel il proposait aux oulémas musulmans de cesser leur opposition et de le laisser affronter les ennemis de l’Islam. Il fixa à cette fin une durée de dix ans, affirmant que si, durant cette période, il était menteur, il serait lui-même anéanti, mais que s’il était véridique, ses adversaires seraient ainsi préservés du châtiment de Dieu, lequel descend sur ceux qui s’opposent injustement aux envoyés divins. Mais les musulmans ne répondirent pas à cet appel. Au lieu de se joindre à lui dans la lutte contre les ennemis de l’Islam, ils préférèrent continuer à s’opposer à lui.